Sanctions européennes : le Kremlin affirme que la Russie est désormais « immunisée »
Sanctions européennes : le Kremlin affirme que la Russie est désormais « immunisée »

MOSCOU – Le Kremlin a réagi vendredi à l’annonce par l’Union européenne d’un 18ᵉ paquet de sanctions contre la Russie en affirmant que le pays avait développé une « certaine immunité » face à ces mesures occidentales, qu’il considère comme inefficaces. Ce nouveau train de sanctions inclut notamment un durcissement des restrictions sur le secteur pétrolier, avec une baisse du plafond de prix imposé par le G7 sur le pétrole brut russe, désormais fixé à 47,6 dollars le baril, selon des sources diplomatiques citées par Reuters.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie s’était largement adaptée aux mesures restrictives introduites depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022. « Le mécanisme des sanctions a cessé d’être une surprise pour nous. Il est désormais pris en compte dans notre planification économique », a-t-il affirmé à la presse depuis Moscou.

Depuis plus de deux ans, les États membres de l’UE, coordonnés avec les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres alliés, ont adopté une série de sanctions économiques massives contre Moscou, visant ses banques, ses exportations, son armement et ses élites. Mais malgré ces pressions, la Russie a continué de maintenir ses exportations énergétiques en grande partie grâce à des débouchés alternatifs, notamment vers l’Asie.

Le dernier paquet de mesures vise plus directement l’économie russe en tentant de réduire ses revenus pétroliers, principale source de devises pour le Kremlin. En abaissant le plafond de prix, l’UE espère freiner la capacité de Moscou à financer son effort de guerre en Ukraine.

Toutefois, les autorités russes minimisent l’impact de ces décisions. Le Kremlin assure que le pays a réorganisé ses circuits commerciaux, renforcé sa coopération avec des partenaires comme la Chine, l’Inde ou la Turquie, et mis en œuvre des stratégies de contournement pour limiter les effets de l’isolement occidental.

Si les sanctions ont certes affaibli certains pans de l’économie russe – notamment l’accès aux technologies de pointe – elles n’ont pas provoqué l’effondrement économique escompté par leurs instigateurs. Le gouvernement russe met en avant la résilience de son industrie et l’adaptation rapide de ses institutions face aux contraintes imposées.

Ce bras de fer économique se poursuit alors que le conflit en Ukraine reste enlisé, et que les efforts diplomatiques pour trouver une solution négociée demeurent au point mort. Dans ce contexte, la guerre des sanctions reste un levier central de la stratégie occidentale, même si son efficacité à court terme est de plus en plus contestée.

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