Le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a estimé que fournir une aide supplémentaire à l’Ukraine ne contribuerait pas à mettre fin à la guerre et risquerait d’« alimenter davantage la corruption », en référence à un scandale qui secoue actuellement le gouvernement de Kiev. Ses propos, relayés par l’agence ANSA, ont immédiatement suscité une réaction critique au sein même de l’exécutif italien.
Cette semaine, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé la destitution de deux ministres après l’ouverture d’une enquête sur un système présumé de corruption dans le secteur de l’énergie, évalué à 100 millions de dollars. L’affaire survient alors que l’armée ukrainienne doit faire face à de nouvelles avancées russes sur le front.
Salvini, chef de la Ligue d’extrême droite, a déclaré qu’il ne souhaitait pas que « l’argent des travailleurs et des retraités italiens » se retrouve impliqué dans des dérives financières. Il a également affirmé ne pas croire que l’envoi d’armes supplémentaires puisse résoudre le conflit, estimant que les dernières avancées russes montrent qu’il est dans l’intérêt de tous, « et avant tout de l’Ukraine », de mettre fin à la guerre. Bien qu’il ait soutenu jusqu’ici la ligne de la Première ministre Giorgia Meloni en faveur d’une aide militaire à Kiev, Salvini s’est toujours gardé de critiquer directement Vladimir Poutine, avec qui il a entretenu des liens avant l’invasion de 2022.
Depuis Berlin, le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a jugé « absurde » l’idée de mettre fin au soutien à l’Ukraine. Répondant aux déclarations de Salvini, il a affirmé ne pas vouloir juger un pays « sur la base de deux individus corrompus », rappelant que l’aide italienne vise avant tout les civils, qui subissent « 93 % des attaques russes ».
L’Italie vient d’approuver un douzième plan d’aide militaire à l’Ukraine et s’est engagée à soutenir le pays durant l’hiver en lui fournissant des générateurs électriques afin de pallier la crise énergétique. Rome n’a toutefois pas encore rejoint l’initiative menée par l’OTAN pour acheter des armes américaines destinées à Kiev, une question encore en discussion au sein du gouvernement selon une source proche du dossier.