Ramaphosa mise sur Elon Musk pour apaiser les tensions entre l'Afrique du Sud et les États-Unis
Ramaphosa mise sur Elon Musk pour apaiser les tensions entre l'Afrique du Sud et les États-Unis

JOHANNESBURG — Le président sud-africain Cyril Ramaphosa souhaite renforcer les liens diplomatiques avec les États-Unis en mettant en avant des opportunités économiques liées à Elon Musk, figure emblématique de l’innovation technologique et proche du président américain Donald Trump. Lors de sa visite à Washington prévue cette semaine, Ramaphosa entend proposer une série d’accords susceptibles de relancer des relations bilatérales mises à mal ces derniers mois.

Le président sud-africain, confronté à une baisse de l’aide américaine et à des critiques publiques de Trump — notamment sur la réforme agraire sud-africaine et l’implication de Pretoria dans un procès contre Israël à la Cour internationale de justice — cherche à jouer la carte du pragmatisme économique. Selon son porte-parole, Vincent Magwenya, Ramaphosa pourrait proposer à Tesla, dirigée par Musk, des réductions tarifaires sur ses importations en échange du développement d’infrastructures pour véhicules électriques en Afrique du Sud.

Outre Tesla, l’accès au marché sud-africain pour Starlink, le réseau de satellites à Internet haut débit de Musk, sera également à l’ordre du jour. Starlink n’est actuellement pas autorisé à opérer en Afrique du Sud, en raison d’un non-respect des règles locales de participation économique des Noirs, qui exigent qu’au moins 30 % des actions de toute filiale locale soient détenues par des groupes historiquement désavantagés. Musk avait controversé cette exigence en suggérant qu’elle empêchait sa société d’y opérer, une accusation démentie par les autorités sud-africaines.

Le déplacement de Ramaphosa à Washington intervient dans un contexte sensible. L’administration Trump a récemment reconnu le statut de réfugié à un groupe de Sud-Africains blancs invoquant des discriminations raciales, un geste vivement contesté par Pretoria. En parallèle, les avantages douaniers accordés à l’Afrique du Sud dans le cadre de la loi américaine sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGOA) sont désormais menacés par la politique commerciale protectionniste de Trump.

John Steenhuisen, ministre sud-africain de l’Agriculture et membre de la délégation, a averti qu’un retrait des préférences tarifaires américaines serait catastrophique pour le secteur agricole et pour l’économie sud-africaine en général. Selon lui, l’accès au marché américain en franchise de droits est vital pour des milliers d’emplois.

Dans ce contexte tendu, Cyril Ramaphosa espère qu’un dialogue orienté vers les affaires — et centré sur un natif sud-africain aussi influent qu’Elon Musk — suffira à réchauffer une relation stratégique fragilisée.

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