MOSCOU, 3 août – L’ancien président russe Dmitri Medvedev, aujourd’hui vice-président du Conseil de sécurité de la Russie, est de retour sous les projecteurs après un échange de déclarations incendiaires avec le président américain Donald Trump. Ce dernier, en réponse à des propos jugés provocateurs de Medvedev, a annoncé le repositionnement de deux sous-marins nucléaires américains dans des « zones appropriées ».
Élu président en 2008, Medvedev incarnait brièvement un espoir de modernisation en Russie. À l’époque, Vladimir Poutine, contraint par la Constitution à se retirer après deux mandats consécutifs, avait pris le poste de Premier ministre, tout en conservant, selon de nombreux observateurs, le véritable pouvoir. Les deux hommes échangeront ensuite leurs fonctions en 2012, une manœuvre qui avait déclenché des manifestations massives de l’opposition à Moscou.
Issu d’un milieu académique – ses deux parents étant professeurs –, Medvedev est juriste de formation. Doté d’un style posé et intellectuel, il était considéré en Occident comme un réformateur potentiel, ouvert au dialogue. Il avait notamment signé en 2009 avec Barack Obama un nouveau traité de réduction des armes nucléaires, baptisé START.
Cependant, le mandat de Medvedev a été terni par plusieurs événements, notamment la guerre éclair de 2008 contre la Géorgie. S’il affichait des ambitions de lutte contre la corruption et de réforme économique, ces objectifs n’ont jamais été atteints, et il est vite apparu comme une figure secondaire dans l’architecture du pouvoir russe.
Après son passage au Kremlin, il a servi comme Premier ministre de Poutine pendant huit ans, période marquée par le durcissement des relations avec l’Occident, notamment après l’annexion de la Crimée en 2014. Écarté en 2020 au profit de Mikhaïl Michoustine, il a été nommé à un poste stratégique : vice-président du Conseil de sécurité, un organe regroupant les principaux chefs militaires et des services de renseignement.
Ces dernières années, Medvedev s’est illustré par une rhétorique de plus en plus virulente, notamment sur les réseaux sociaux, où il multiplie les menaces à peine voilées à l’encontre de l’Occident. C’est dans ce contexte qu’il a évoqué les capacités nucléaires russes héritées de l’ère soviétique, suscitant une riposte musclée – quoique largement symbolique – de la part de Donald Trump. Une montée des tensions verbales qui rappelle combien les faucons du Kremlin, même éloignés de la présidence, peuvent encore peser sur l’équilibre stratégique mondial.