Le président russe Vladimir Poutine a annoncé vendredi vouloir dynamiser les exportations d’armes de la Russie, dans un effort pour regagner du terrain sur le marché mondial de l’armement, largement perdu ces dernières années en raison des sanctions internationales et de la guerre en Ukraine. Dans une allocution télévisée à l’issue d’une réunion sur la coopération militaro-technique avec les pays étrangers, Poutine a insisté sur la nécessité de soutenir le complexe militaro-industriel russe tout en stimulant les ventes à l’étranger.
« Le portefeuille de commandes de produits militaires russes est désormais conséquent. Il s’élève à des dizaines de milliards de dollars. Il est nécessaire d’augmenter activement le volume des exportations », a-t-il déclaré, tout en soulignant l’importance croissante des technologies de pointe, notamment de l’intelligence artificielle dans l’armement. « L’avenir du marché mondial repose sur ces technologies, et la concurrence sera féroce. Nous devons nous y préparer », a-t-il ajouté.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Russie a recentré ses capacités industrielles sur la production d’armements destinés à ses propres forces, mobilisant massivement ses ressources pour fournir missiles, drones, munitions et pour rénover un matériel militaire souvent hérité de l’ère soviétique. Cette priorité nationale a contribué à la baisse des exportations, qui ont également souffert de l’isolement croissant de la Russie sur la scène internationale.
D’après l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la part de la Russie dans les exportations mondiales d’armes est tombée à 7,8 % entre 2020 et 2024, contre 21 % lors de la période précédente. Une chute brutale que le Kremlin cherche désormais à enrayer. Historiquement, l’Inde, la Chine et l’Égypte ont figuré parmi les principaux clients de Moscou.
En dépit des lourdes sanctions occidentales, qui ont ciblé de nombreux composants électroniques et systèmes de production clés, les responsables ukrainiens et occidentaux reconnaissent que la Russie est parvenue à adapter son économie de guerre, produisant à un rythme soutenu et maintenant une certaine résilience industrielle. Toutefois, les lacunes persistent. Poutine lui-même a récemment reconnu des manques en matière de drones, malgré des hausses importantes de production.
Le regain d’ambition affiché par le président russe reflète une volonté plus large de repositionner la Russie comme acteur incontournable du marché de l’armement à l’échelle mondiale, alors même que la guerre en Ukraine continue de mobiliser une grande partie de ses ressources. Dans ce contexte, les tentatives de séduction à destination des pays non alignés, notamment en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, pourraient devenir un axe stratégique essentiel de la diplomatie militaire russe dans les mois à venir.