Le président russe Vladimir Poutine a proposé dimanche d’engager des négociations de paix directes avec l’Ukraine, sans conditions préalables, dans le but affiché de mettre fin à la guerre entamée il y a plus de trois ans. Dans une déclaration télévisée au Kremlin diffusée peu après 1h30 du matin, Poutine a invité les autorités ukrainiennes à se rendre à Istanbul le 15 mai pour des pourparlers qui, selon lui, visent à instaurer une paix « durable ». Il a précisé avoir l’intention de s’entretenir avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour faciliter cette initiative.
Cette annonce survient quelques heures après que les puissances européennes, réunies à Kiev, ont exhorté la Russie à accepter un cessez-le-feu immédiat de 30 jours, sous peine de nouvelles sanctions. Poutine a rejeté ces exigences, les qualifiant d’« ultimatums » inacceptables, tout en affirmant que la proposition russe « est sur la table » et que la décision revient désormais aux dirigeants ukrainiens.
Le président américain Donald Trump, qui cherche à jouer un rôle central dans la résolution du conflit, a salué la démarche du Kremlin. « Un grand jour pour la Russie et l’Ukraine ! » a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, ajoutant qu’il travaillerait à faire aboutir l’initiative. Trump a également promis d’intensifier les échanges commerciaux avec les deux pays si la guerre prenait fin.
Les autorités ukrainiennes n’ont pas immédiatement réagi à l’offre de Moscou. Le président français Emmanuel Macron, de retour d’Ukraine, a qualifié la proposition russe de « premier pas », tout en jugeant qu’elle était insuffisante sans cessez-le-feu préalable. De son côté, Poutine a dénoncé les violations des trêves passées par Kiev, affirmant que l’Ukraine avait attaqué la Russie durant les dernières tentatives de pause humanitaire.
Sur le terrain, les combats ont pourtant continué dimanche, avec une nouvelle attaque de drones russes sur Kiev et plusieurs régions environnantes. Une personne a été blessée et plusieurs habitations endommagées, selon les autorités ukrainiennes. Malgré cela, Poutine a indiqué qu’il n’excluait pas de nouvelles trêves à l’occasion des pourparlers, s’ils avaient lieu.
Les conditions fixées par Moscou pour une paix durable restent inchangées : neutralité de l’Ukraine, abandon officiel de son ambition d’intégrer l’OTAN, et retrait de ses forces des territoires ukrainiens revendiqués par la Russie. Poutine a également rappelé qu’un projet d’accord négocié en 2022 prévoyait déjà une neutralité permanente de l’Ukraine en échange de garanties de sécurité internationales.
Alors que les positions restent éloignées, cette ouverture inattendue du Kremlin marque une inflexion dans le discours officiel, au moment où les pertes humaines s’accumulent des deux côtés. L’avenir dira si cette proposition peut réellement ouvrir la voie à un processus de paix crédible ou si elle constitue une manœuvre tactique dans une guerre aux ramifications géopolitiques mondiales.