Poutine met en garde contre un risque de Troisième Guerre mondiale et s’en prend à l’Occident sur l’Iran, Israël et l’Ukraine
Poutine met en garde contre un risque de Troisième Guerre mondiale et s’en prend à l’Occident sur l’Iran, Israël et l’Ukraine

SAINT-PÉTERSBOURG – Le président russe Vladimir Poutine a profité vendredi de son intervention au Forum économique international de Saint-Pétersbourg pour émettre de sévères mises en garde à l’encontre de l’Occident, tout en commentant les conflits en cours au Moyen-Orient et en Ukraine. Dans un discours dense, le dirigeant russe a évoqué la possibilité d’un glissement vers une Troisième Guerre mondiale, accusant les États-Unis et leurs alliés d’alimenter les tensions globales.

Répondant à une question sur le risque d’un conflit planétaire, Poutine a déclaré que la Russie ne souhaitait pas la guerre, mais que le monde était « dangereusement proche » d’une confrontation globale en raison des politiques « irresponsables » de l’Occident. Il a pointé du doigt les livraisons d’armes à l’Ukraine et le soutien militaire croissant à Israël dans le conflit contre l’Iran comme des éléments aggravants.

Sur le dossier iranien, Poutine a affirmé que la Russie « comprend les préoccupations sécuritaires de l’Iran » et a dénoncé « l’hypocrisie » des puissances occidentales qui « ferment les yeux sur les violations du droit international commises par Israël ». Il a cependant précisé que Moscou ne prendrait pas part à une escalade militaire directe au Moyen-Orient, tout en appelant à une désescalade et à un « retour au dialogue diplomatique ».

Interrogé sur la guerre en Ukraine, le président russe a réitéré que l’ »opération militaire spéciale » poursuivait ses objectifs et a accusé Kyiv de refuser toute négociation sous influence occidentale. Il a ajouté que la Russie était prête à parler, mais uniquement si ses conditions étaient respectées, notamment la reconnaissance de l’annexion des territoires occupés.

Poutine a également attaqué les sanctions occidentales, qualifiant les mesures économiques à l’encontre de Moscou d’ »échec total » qui n’a fait que renforcer l’autonomie économique de la Russie. Il a vanté la résilience du rouble et le redéploiement des exportations russes vers l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine.

Le ton général du discours, mêlant provocation et posture de fermeté, s’inscrit dans une stratégie rhétorique que Poutine utilise régulièrement lors de ce forum annuel, conçu comme une vitrine de la politique économique et diplomatique russe. Mais cette année, le contexte de tensions militaires multiples lui a donné une portée internationale accrue.

Alors que les lignes de fracture géopolitiques se durcissent, les déclarations de Vladimir Poutine au SPIEF pourraient encore nourrir l’inquiétude d’une communauté internationale déjà secouée par la multiplication des crises sécuritaires majeures.

Partager