Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’Israël et le Hamas devraient « très prochainement » passer à la deuxième phase du cessez-le-feu, une étape rendue possible après la restitution par le Hamas des restes du dernier otage détenu dans la bande de Gaza. Cette phase, qui pourrait débuter d’ici la fin du mois, prévoit notamment le désarmement progressif du mouvement islamiste et le retrait des troupes israéliennes.
Les restes de Ran Gvili, un policier de 24 ans tué lors de l’attaque du 7 octobre 2023, n’ont toutefois pas encore été remis. Netanyahu a rappelé qu’Israël rendrait en échange les corps de 15 Palestiniens, conformément à la première étape du plan de cessez-le-feu élaboré par l’administration du président américain Donald Trump. Des familles d’otages ont insisté : « Nous ne pouvons avancer vers la phase suivante avant le retour de Ran Gvili. »
La deuxième phase inclut également le déploiement d’une force internationale chargée d’assurer la sécurité à Gaza, ainsi que la formation d’un gouvernement palestinien transitoire supervisé par un comité international dirigé par Washington. Un haut responsable du Hamas a indiqué au même moment que le mouvement était « prêt à discuter » d’un dépôt ou d’un gel de ses armes, une ouverture rare sur l’un des points les plus sensibles des négociations.
Netanyahu a reconnu que cette nouvelle étape serait difficile, tout en affirmant qu’elle pourrait être suivie d’une « troisième phase » dédiée à la « déradicalisation de Gaza », comparable selon lui à des processus menés en Allemagne, au Japon ou dans certains États du Golfe. Cette perspective implique toutefois le démantèlement complet du Hamas.
Sur le terrain, l’armée israélienne a affirmé conserver le contrôle de vastes portions de la bande de Gaza. Son chef d’état-major a décrit la « ligne jaune » séparant les zones contrôlées par Israël du reste du territoire comme « une nouvelle frontière », destinée à protéger les localités israéliennes adjacentes.
Le chancelier allemand Friedrich Merz, en visite à Tel Aviv, a confirmé l’engagement de Berlin dans la mise en œuvre de la deuxième phase, notamment via l’envoi d’officiers à un centre de coordination dirigé par les États-Unis. Il a toutefois répété que la reconnaissance d’un État palestinien ne pouvait intervenir qu’au terme d’un processus politique, et non à son début.
Alors que les négociations progressent, les violences persistent à Gaza. L’armée israélienne a annoncé avoir tué un militant s’étant approché trop près de ses positions. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 370 Palestiniens ont été tués depuis le début du cessez-le-feu, tandis que les hôpitaux ont reçu les corps de six personnes tuées au cours des dernières 24 heures.
Depuis le début du conflit, environ 1 200 personnes ont été tuées lors de l’attaque initiale menée par le Hamas en 2023, et plus de 250 ont été prises en otage. La plupart ont été libérées ou leurs dépouilles restituées dans le cadre des trêves successives. Israël, de son côté, mène une offensive qui a coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens selon les autorités sanitaires de Gaza, un bilan jugé fiable par l’ONU bien que le Hamas ne distingue pas civils et combattants dans ses décomptes.