Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, se rendra vendredi à Genève afin de participer à une réunion diplomatique de haut niveau sur le programme nucléaire iranien, en compagnie de ses homologues européens et du chef de la diplomatie iranienne. Une initiative qui vise à désamorcer les tensions croissantes entre l’Iran et Israël, sur fond de frappes aériennes et de menaces d’escalade militaire.
L’annonce de ce déplacement, faite jeudi par le bureau de Lammy, intervient alors que le Premier ministre britannique Keir Starmer a convoqué une réunion d’urgence du comité Cobra à Londres, consacrée au conflit entre Israël et l’Iran. Le Royaume-Uni, aux côtés de ses partenaires européens, s’efforce de rouvrir la voie du dialogue avec Téhéran, dans l’espoir d’endiguer les ambitions nucléaires de la République islamique et d’éviter un embrasement régional.
Les discussions de Genève devraient réunir, outre le Royaume-Uni, les représentants de la France, de l’Allemagne et de l’Union européenne, ainsi que le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Ce dernier a confirmé sa venue dans un contexte tendu, marqué par des frappes israéliennes contre plusieurs sites nucléaires iraniens, dont le réacteur à eau lourde d’Arak, et par une riposte de Téhéran par missiles et drones.
La relance d’un processus diplomatique s’annonce délicate. Depuis le retrait des États-Unis de l’accord de 2015 sous l’administration Trump, l’Iran a considérablement accru son enrichissement d’uranium, atteignant un niveau proche de l’armement nucléaire. Les puissances occidentales, elles, réclament des garanties concrètes sur la nature pacifique du programme iranien, tandis que Téhéran dénonce les frappes israéliennes comme des actes de guerre illégaux.
David Lammy a souligné que la voie diplomatique restait la seule option viable pour éviter une guerre plus large. Il a également réaffirmé l’engagement du Royaume-Uni à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, tout en insistant sur la nécessité d’une solution multilatérale équilibrée et respectueuse du droit international.
La réunion de Genève pourrait constituer une première étape vers une désescalade, mais elle demeure incertaine. L’enjeu pour les diplomates européens est de convaincre Téhéran de revenir à la table des négociations tout en rassurant Israël et les alliés occidentaux sur la sécurité régionale. Le compte à rebours diplomatique est lancé, alors que les frappes se poursuivent et que la menace d’une intervention américaine directe reste en suspens.