Mohammed ben Salmane accueilli par un Congrès américain plus conciliant malgré les critiques persistantes (AP)
Mohammed ben Salmane accueilli par un Congrès américain plus conciliant malgré les critiques persistantes (AP)

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été reçu mercredi au Capitole par des élus américains, lors du deuxième jour d’une visite officielle à Washington largement consacrée au renforcement des liens économiques et sécuritaires entre les États-Unis et l’Arabie saoudite. Cette tournée diplomatique, organisée avec l’appui du président Donald Trump, intervient alors que les critiques visant le dirigeant saoudien sur les droits humains, notamment après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018, restent vives chez plusieurs membres du Congrès.

La veille, Trump avait réservé un accueil particulièrement chaleureux à Mohammed ben Salmane à la Maison Blanche, allant jusqu’à le défendre une nouvelle fois au sujet du meurtre de Khashoggi, malgré les conclusions des agences de renseignement américaines selon lesquelles l’opération avait été approuvée par le prince héritier. Plusieurs élus républicains de premier plan, dont le président de la Chambre Mike Johnson et les responsables des commissions des affaires étrangères des deux chambres, avaient assisté au dîner de gala donné en son honneur.

La réception du Congrès, toutefois, a été plus discrète que celles habituellement offertes aux dirigeants internationaux. L’événement, organisé par Johnson, n’avait pas été annoncé publiquement et seule une poignée de parlementaires républicains et démocrates y ont participé. Aucune cérémonie comparable n’a été organisée au Sénat. Malgré cette sobriété, les discussions ont été qualifiées de « fantastiques » par le républicain Brian Mast, qui a évoqué des échanges portant sur Israël, Gaza, les transferts de technologie ou encore les efforts conjoints contre l’espionnage chinois.

Le contraste avec les années précédentes est frappant. Après l’assassinat de Khashoggi, Mohammed ben Salmane avait été considéré comme persona non grata à Washington. Le Congrès avait multiplié les condamnations, et certains élus, comme Marco Rubio, avaient dénoncé un dirigeant « imprudent » et « enclin à tester les limites » de la relation avec les États-Unis. Ce même Rubio figurait désormais parmi les participants aux rencontres de cette semaine, un signe fort de la normalisation politique en cours.

Cependant, des voix critiques continuent de s’élever. Le démocrate Jim McGovern a rappelé sur X la responsabilité du prince héritier dans la mort de Khashoggi, dénonçant les élus prêts à « ignorer » cet épisode lors d’un dîner officiel. D’autres parlementaires ont exprimé leur inquiétude face à l’annonce de nouveaux accords portant sur les ventes d’armes, le nucléaire civil et l’intelligence artificielle, signés parallèlement à cette visite. Le démocrate Gregory Meeks a demandé à l’administration Trump un rapport détaillé sur ces engagements et s’est interrogé sur d’éventuels conflits d’intérêts impliquant les entreprises familiales de Trump — accusations fermement rejetées par ce dernier.

Mohammed ben Salmane, qui a promis de porter les investissements saoudiens aux États-Unis de 600 à 1 000 milliards de dollars, a également participé à une conférence majeure sur l’investissement en présence de grands dirigeants américains. Ce rapprochement marqué confirme la volonté des deux pays de consolider un partenariat stratégique, malgré les zones d’ombre qui continuent d’alimenter la controverse à Washington.

Que retenir rapidement ?

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a été reçu mercredi au Capitole par des élus américains, lors du deuxième jour d’une visite officielle à W

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