NEW DELHI — Le Premier ministre indien Narendra Modi a averti lundi que toute nouvelle attaque terroriste contre l’Inde entraînerait des représailles militaires ciblant les « repaires terroristes » au Pakistan, rejetant toute crainte du « chantage nucléaire » exercé selon lui par Islamabad. Ce message ferme survient deux jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre les deux puissances nucléaires, négocié par le président américain Donald Trump, à la suite d’une flambée de violences meurtrières de part et d’autre de la frontière.
S’exprimant en hindi lors d’un discours télévisé, Modi a fixé les conditions d’un éventuel dialogue avec le Pakistan. Il a clairement affirmé que « le terrorisme et les négociations ne peuvent aller de pair » et que « le terrorisme et le commerce ne peuvent coexister », soulignant également la suspension par New Delhi d’un accord de partage des ressources hydriques avec Islamabad.
L’attaque qui a ravivé les tensions a eu lieu le mois dernier à Pahalgam, au Cachemire indien, où 26 touristes hindous ont été tués dans une attaque attribuée à des militants islamistes. En réponse, l’Inde a mené des frappes sur neuf sites au Pakistan et dans le Cachemire pakistanais, que New Delhi a qualifiés d’« infrastructures terroristes ». Le Pakistan, de son côté, a nié tout lien avec cette attaque et affirmé que les cibles touchées étaient civiles, appelant à une enquête internationale indépendante.
Modi a réaffirmé la volonté de son gouvernement de frapper « avec précision et détermination » en cas de récidive, tout en soulignant que l’Inde continuerait d’évaluer le comportement de son voisin avant d’engager tout processus de désescalade ou de négociation.
Quelques heures avant ce discours, les chefs des opérations militaires des deux pays se sont entretenus par téléphone. Selon l’armée indienne, ils ont convenu d’éviter tout acte hostile et d’envisager des mesures immédiates de désengagement le long de la frontière. Cette prise de contact semble indiquer une volonté de calmer les tensions sur le terrain, malgré la rhétorique offensive adoptée par les dirigeants.
Donald Trump, saluant les efforts diplomatiques, a affirmé que les États-Unis avaient largement contribué à l’instauration du cessez-le-feu, et a évoqué le commerce comme moteur majeur de cette désescalade. Il a précisé que Washington entamait des négociations commerciales avec l’Inde, et que le Pakistan suivrait.
Sur le plan économique, la trêve a eu un effet immédiat : les marchés boursiers ont bondi. L’indice pakistanais KSE a progressé de 9,4 %, tandis que le Nifty 50 indien a gagné 3,8 %, enregistrant sa meilleure performance en plus de trois ans. Le Fonds monétaire international a également approuvé un nouveau prêt de 1,4 milliard de dollars au Pakistan, une bouffée d’oxygène pour son économie fragilisée.
La Chine, qui contrôle également une portion du Cachemire, a offert de jouer un « rôle constructif » pour la stabilité régionale, tout en appelant à la retenue de part et d’autre.
Alors que le cessez-le-feu reste fragile et que les accusations continuent de voler entre New Delhi et Islamabad, l’équilibre entre la pression militaire, les intérêts économiques et la diplomatie internationale demeure incertain. Mais une chose semble claire : pour l’Inde, le seuil de tolérance face au terrorisme semble avoir atteint un point de non-retour.