BRUXELLES – L’Union européenne est profondément divisée sur la manière de réagir aux violations présumées des droits de l’homme commises par Israël dans la bande de Gaza, selon les discussions qui ont eu lieu lundi à Bruxelles entre les ministres des Affaires étrangères du bloc. Un rapport interne de l’UE, révélé la semaine dernière, évoque des « indications » de manquements aux obligations d’Israël en matière de droits humains, au titre de l’accord d’association qui régit ses relations avec l’Union.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré qu’elle engagerait un dialogue avec Israël à ce sujet, en insistant sur la nécessité de concentrer les efforts sur l’amélioration de la situation humanitaire sur le terrain. Elle a précisé qu’elle reviendrait sur la question en juillet si aucun progrès tangible n’était constaté d’ici là.
Le rapport de l’UE met en lumière plusieurs préoccupations majeures, notamment les restrictions à l’aide humanitaire, les frappes contre des hôpitaux, les déplacements forcés de population, ainsi que la responsabilité limitée des acteurs militaires. La situation en Cisjordanie est également abordée, avec un accent sur les violences croissantes de colons israéliens.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a catégoriquement rejeté le contenu du rapport, le qualifiant d’« échec moral et méthodologique », dénonçant ce qu’il perçoit comme un biais structurel dans les évaluations européennes.
Au sein de l’UE, les États membres peinent à s’accorder sur la réponse à apporter. L’Espagne, appuyée par plusieurs pays nordiques, a appelé à suspendre l’accord d’association UE-Israël. En revanche, d’autres pays influents comme l’Allemagne et l’Italie ont exprimé leur opposition à toute sanction, préférant maintenir un canal de dialogue avec Tel Aviv.
L’accord d’association, en vigueur depuis 2000, stipule explicitement que les relations entre les deux parties doivent se fonder sur « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques ». Toutefois, aucune procédure automatique de suspension n’est prévue, rendant toute décision politique complexe et hautement sensible.
Kallas a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas de punir Israël mais de « provoquer des améliorations concrètes pour la population et la vie des habitants de Gaza ». En attendant, les tensions diplomatiques persistent au sein du bloc, révélant une fracture durable sur le dossier israélo-palestinien.