L’armée ukrainienne a annoncé mardi avoir mené des frappes contre des cibles militaires situées en territoire russe en utilisant des missiles balistiques ATACMS fournis par les États-Unis, une première revendication publique qualifiée de « développement significatif » par Kyiv.
Dans un communiqué, l’état-major ukrainien a confirmé que ces capacités de frappe à longue portée seraient employées « de manière continue » afin de contrer l’avancée des forces russes. Jusqu’ici, l’Ukraine n’avait jamais admis utiliser des armes américaines pour frapper au-delà de ses frontières, même si Washington avait levé les restrictions en novembre 2024, à la fin du mandat de Joe Biden.
Livrés à Kyiv dès 2023, les ATACMS étaient initialement destinés uniquement à des opérations sur le territoire ukrainien, dont près d’un cinquième reste occupé par la Russie. Leur utilisation en Russie marque un changement opérationnel majeur.
Cette evolution intervient alors que Kyiv réclame désormais des missiles Tomahawk, d’une portée de 2 500 km, pour renforcer la pression militaire et forcer Moscou à envisager des négociations. Si Donald Trump, revenu au pouvoir, avait un temps évoqué la possibilité d’une vente, il a depuis déclaré ne « pas vraiment » envisager d’en fournir à l’Ukraine.
Les autorités ukrainiennes estiment qu’accroître leur capacité de frappe en profondeur est essentiel pour contrer la supériorité en effectifs dont dispose la Russie sur la ligne de front, alors que la guerre approche de sa quatrième année.