Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a affirmé que les relations entre Minsk et Washington pourraient s’améliorer, estimant qu’un premier pas consisterait pour les États-Unis à reconnaître l’échec de la campagne occidentale visant à invalider sa réélection de 2020. Ces propos ont été tenus dans une interview accordée à Reuters et publiée mercredi.
Selon Loukachenko, une telle reconnaissance pourrait servir de base à une relance progressive du dialogue diplomatique entre les deux pays, aujourd’hui largement gelé. Il a laissé entendre que la Biélorussie restait ouverte à une normalisation, à condition que les États-Unis revoient leur position sur la légitimité de son maintien au pouvoir.
L’annonce des résultats officiels de l’élection présidentielle de 2020, qui accordaient à Loukachenko un sixième mandat, avait déclenché des manifestations de masse inédites dans le pays. Des centaines de milliers de Biélorusses étaient descendus dans la rue pour dénoncer ce qu’ils considéraient comme une fraude électorale, donnant lieu à une répression sévère des forces de sécurité.
À l’époque, les pays occidentaux, dont les États-Unis, avaient refusé de reconnaître le résultat du scrutin et imposé une série de sanctions contre le régime biélorusse. À l’inverse, le président russe Vladimir Poutine avait rapidement apporté son soutien à Loukachenko, renforçant l’ancrage de Minsk dans l’orbite de Moscou.
Cinq ans plus tard, le dirigeant biélorusse affirme que la tentative occidentale de l’écarter du pouvoir a échoué et suggère que cette réalité pourrait ouvrir la voie à un changement d’attitude de Washington. Aucune réaction officielle américaine n’a toutefois été rapportée à ce stade.
Cette déclaration intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par la guerre en Ukraine et le rôle clé de la Biélorussie comme allié stratégique de la Russie. Une éventuelle amélioration des relations entre Minsk et Washington resterait conditionnée à de profonds désaccords politiques et diplomatiques, notamment sur les questions de droits humains et de gouvernance.