Le pape Léon XIII reçoit un haut responsable orthodoxe russe pour apaiser les tensions sur fond de guerre en Ukraine
Le pape Léon XIII reçoit un haut responsable orthodoxe russe pour apaiser les tensions sur fond de guerre en Ukraine

Le pape Léon XIII a accueilli ce samedi au Vatican le métropolite Antoine de Volokolamsk, figure éminente de l’Église orthodoxe russe, dans ce qui apparaît comme une tentative de rapprochement entre les deux confessions chrétiennes, sur fond de guerre en Ukraine. Cette rencontre intervient alors que les relations entre le Vatican et le patriarcat de Moscou sont mises à rude épreuve depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

Le métropolite Antoine, président du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, était accompagné de cinq autres dignitaires religieux. Le Vatican a confirmé l’audience dans un bref communiqué, sans en dévoiler le contenu. Il s’agit de la première entrevue officielle entre le nouveau souverain pontife, élu en mai dernier, et un représentant de ce niveau de l’Église orthodoxe russe.

Depuis son accession au trône pontifical, Léon XIII a multiplié les appels en faveur de la paix à travers le monde. Il a notamment déclaré au président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors de sa visite au Vatican plus tôt ce mois-ci, que le Saint-Siège était prêt à accueillir d’éventuels pourparlers de paix entre Kiev et Moscou. Cette volonté de médiation s’inscrit dans la continuité de l’engagement diplomatique du Vatican, qui cherche à préserver son rôle de pont entre les parties en conflit.

Cependant, Moscou a clairement exprimé ses réserves quant à l’impartialité du Vatican. Des responsables russes ont fait savoir qu’ils ne considéraient pas le micro-État comme un lieu crédible de négociation, du fait de son enclave en Italie, pays membre de l’OTAN et soutien affirmé de l’Ukraine.

En juin dernier, lors de son tout premier échange téléphonique avec Vladimir Poutine, Léon XIII avait exhorté le président russe à prendre des mesures concrètes pour mettre fin à la guerre. Cette déclaration, perçue comme un appel pressant à la désescalade, s’inscrivait déjà dans une dynamique d’apaisement que le Saint-Père cherche à insuffler dans les relations Est-Ouest.

Cette rencontre avec le métropolite Antoine pourrait ouvrir une nouvelle phase dans le dialogue œcuménique, à condition que les enjeux géopolitiques n’étouffent pas les initiatives spirituelles. Pour l’heure, elle représente un geste symbolique fort dans un climat de méfiance persistante entre Rome et Moscou.

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