Le Kremlin a mis en garde lundi contre les conséquences potentielles d’un renforcement des capacités de frappe à longue portée de l’Ukraine, qualifiant une telle décision de « très dangereuse ». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a exprimé cette inquiétude à la suite des propos du nouveau chancelier allemand Friedrich Merz, qui a affirmé que les armes livrées par l’Allemagne à l’Ukraine n’étaient soumises à aucune limitation de portée.
Pour Moscou, cette évolution constituerait une escalade grave, susceptible de compromettre les perspectives de règlement politique du conflit. « Ces décisions potentielles, si elles ont effectivement été prises, vont absolument à l’encontre de nos aspirations à parvenir à un règlement politique », a déclaré Peskov, tout en soulignant leur caractère « très dangereux ».
Friedrich Merz, élu chancelier le 6 mai dernier, a déclaré lors du Forum européen du WDR que son gouvernement continuerait de soutenir militairement l’Ukraine, soulignant que l’absence de restrictions de portée permettrait à Kiev de frapper des cibles militaires en Russie. Un responsable allemand a toutefois précisé à Reuters qu’il ne s’agissait pas d’un changement de politique, rappelant que le gouvernement allemand n’avait jamais fixé de limite de portée aux armes fournies.
Cette déclaration survient dans un contexte de soutien accru de l’Occident à l’Ukraine. Les États-Unis ont notamment autorisé en novembre dernier l’utilisation d’armes américaines pour frapper des cibles situées en territoire russe, rompant avec leur politique précédente. En mai 2024, la France et l’Allemagne avaient déclaré que l’Ukraine devait être en mesure de cibler les sites militaires russes d’où étaient lancés les missiles.
Interrogé sur la possibilité que l’Allemagne livre enfin des missiles de croisière Taurus, Merz s’est abstenu de tout commentaire, bien qu’il ait plaidé en faveur de cette livraison lorsqu’il était dans l’opposition. Le gouvernement allemand ne communique plus publiquement la liste des armements envoyés à Kiev.
Selon plusieurs sources, le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy est attendu à Berlin mercredi, dans un contexte diplomatique tendu marqué par les récentes déclarations européennes sur les frappes transfrontalières et les signaux de prudence envoyés par Moscou.