MOSCOU, 10 juillet – Le Kremlin a affirmé jeudi que les négociations de paix autour du conflit en Ukraine n’étaient pas au point mort, en dépit des propos virulents de Donald Trump à l’égard de Vladimir Poutine et de la reprise par les États-Unis des livraisons d’armes à Kyiv.
« Nous ne partageons pas cette interprétation », a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, en réponse aux affirmations selon lesquelles les discussions seraient gelées. « Le processus de paix est complexe, mais il se poursuit par divers canaux », a-t-il ajouté lors d’un point de presse à Moscou.
Les commentaires interviennent après que Donald Trump, désormais en campagne pour sa réélection, a exprimé publiquement sa frustration vis-à-vis de Poutine, déclarant que ce dernier lui avait raconté « beaucoup de conneries ». Des propos qui marquent une rupture de ton inhabituelle entre les deux hommes, longtemps perçus comme entretenant une relation de respect mutuel.
Dans le même temps, deux responsables américains ont confirmé à Reuters la reprise de livraisons militaires à l’Ukraine, notamment des obus d’artillerie et des missiles pour systèmes HIMARS. Ce soutien intervient alors que la Russie continue ses frappes sur les infrastructures ukrainiennes, notamment à Kyiv et dans l’est du pays.
Moscou a minimisé l’impact stratégique de ces nouvelles livraisons, mais a accusé Washington de « prolonger inutilement le conflit » en soutenant militairement l’Ukraine. Peskov a réaffirmé que la Russie restait ouverte à des négociations, mais uniquement sur la base de « la nouvelle réalité territoriale », en référence aux territoires ukrainiens occupés et annexés par Moscou.
Alors que le conflit approche de sa quatrième année, les perspectives d’un cessez-le-feu durable restent incertaines. L’Ukraine, de son côté, continue de réclamer le retrait total des forces russes et le retour à ses frontières internationalement reconnues, tandis que le Kremlin insiste sur des garanties de neutralité et la reconnaissance de ses gains territoriaux.