Le ministre australien de l’Industrie de la défense, Pat Conroy, a affirmé dimanche que l’Australie ne s’engagera pas à l’avance dans un éventuel conflit armé, réaffirmant ainsi la souveraineté de Canberra sur ses décisions militaires. Cette déclaration intervient alors que les États-Unis auraient intensifié leur pression sur l’Australie et le Japon pour clarifier leur position en cas de guerre entre Washington et Pékin au sujet de Taïwan, selon le Financial Times.
« Toute décision d’engager des troupes australiennes sera prise par le gouvernement en place au moment opportun, et non à l’avance », a déclaré Conroy dans une interview à la chaîne publique ABC. Il a précisé que l’Australie ne participait pas à des discussions fondées sur des hypothèses, insistant sur l’autonomie stratégique de son pays.
Selon le Financial Times, Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la Défense pour la politique, aurait exhorté les responsables australiens et japonais à définir leur rôle potentiel dans un conflit autour de Taïwan. Washington, bien que n’offrant pas de garantie automatique à Taipei, attend de ses alliés qu’ils renforcent leurs efforts de défense dans le cadre de la stratégie « America First » du président Donald Trump.
Le contexte est tendu dans la région indo-pacifique, où la Chine revendique la souveraineté sur Taïwan, gouvernée démocratiquement, et n’exclut pas le recours à la force pour placer l’île sous son contrôle. Le président taïwanais Lai Ching-te a rejeté ces revendications, déclarant que seul le peuple taïwanais peut décider de son avenir.
En déplacement à Shanghai pour une visite officielle de six jours, le Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré que Canberra ne souhaitait aucun changement du statu quo concernant Taïwan. Il a souligné l’importance de maintenir la paix et la stabilité dans la région, tout en poursuivant des discussions axées sur la sécurité et les relations commerciales avec la Chine.
Pat Conroy a également exprimé les inquiétudes de son gouvernement concernant l’expansion militaire de Pékin, notamment le développement de ses capacités nucléaires et conventionnelles. Il a averti que la recherche par la Chine d’une base militaire dans le Pacifique ne correspondait pas aux intérêts australiens, appelant à un équilibre stratégique où « aucune puissance ne domine la région ».
Ces déclarations surviennent alors que l’Australie s’apprête à lancer ce dimanche Talisman Sabre, ses plus grandes manœuvres militaires conjointes avec les États-Unis, un exercice qui prend une signification particulière dans le climat géopolitique actuel.