La Slovénie a annoncé jeudi qu’elle déclarait persona non grata deux ministres israéliens d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich. Cette décision inédite dans l’Union européenne vise à sanctionner les prises de position publiques des deux responsables, accusés par Ljubljana d’avoir tenu des propos « génocidaires » et d’inciter à la violence contre les Palestiniens.
La ministre slovène des Affaires étrangères, Tanja Fajon, a déclaré lors d’une conférence de presse que cette mesure marquait « une première au sein de l’UE » et qu’elle intervenait en l’absence d’accord entre les Vingt-Sept pour une action commune contre les violations présumées des droits humains par Israël. « Nous ouvrons une voie nouvelle », a-t-elle souligné, précisant que d’autres mesures nationales étaient en cours de préparation.
Les ministres visés — Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et Bezalel Smotrich, ministre des Finances — sont connus pour leur soutien à l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée et pour leurs discours ultranationalistes. Tous deux vivent dans des colonies considérées comme illégales par le droit international. Le gouvernement slovène a dénoncé leurs appels publics à l’expulsion forcée de Palestiniens et à l’usage de la violence contre des civils.
Israël n’a pas immédiatement réagi à cette annonce. L’État hébreu rejette régulièrement les accusations de génocide à Gaza, affirmant que sa campagne militaire est une réponse légitime à l’attaque meurtrière du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts côté israélien, selon les autorités, et entraîné la prise en otage de 251 personnes.
La riposte israélienne a déclenché une offensive de grande ampleur dans la bande de Gaza, ayant fait, selon les autorités sanitaires de l’enclave, plus de 58 000 morts, en grande majorité des civils. Dans ce contexte, la pression diplomatique s’intensifie contre certains membres du gouvernement israélien. En juin, plusieurs pays — notamment le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont déjà sanctionné Ben-Gvir et Smotrich pour incitation à la violence.
L’an dernier, la Slovénie avait reconnu l’État palestinien, rejoignant un nombre croissant de pays européens qui appellent à une solution politique à deux États. Avec cette décision, Ljubljana se distingue une fois de plus comme l’un des rares États membres de l’UE prêts à adopter des mesures unilatérales pour répondre aux développements du conflit israélo-palestinien.