MOSCOU – Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré vendredi que la Russie soumettra à l’Ukraine un projet de document visant à établir les conditions d’un accord de paix à long terme, une fois terminé l’échange de prisonniers en cours. Cette annonce intervient alors que Moscou et Kiev ont procédé à une libération simultanée de 390 détenus, marquant la première étape d’un accord conclu lors de récentes discussions à Istanbul.
Lavrov a souligné que la Russie reste engagée en faveur d’un règlement négocié du conflit, qui entre dans sa quatrième année, et qu’elle continue de travailler à la rédaction de propositions concrètes. « Dès que l’échange de prisonniers de guerre sera terminé, nous serons prêts à remettre à la partie ukrainienne un projet de document », a affirmé le chef de la diplomatie russe.
Dans ses déclarations, Lavrov a aussi accusé les pays européens d’alimenter les tensions, en soutenant une série d’attaques de drones menées par l’Ukraine contre des cibles en territoire russe. Il a évoqué près de 800 drones lancés en trois jours, affirmant que ces offensives visaient à saboter les négociations facilitées par le président américain Donald Trump. « Il s’agit clairement d’une tentative de perturber les pourparlers de paix et de saper les progrès réalisés à Istanbul », a-t-il estimé.
À Kiev, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a confirmé que son gouvernement attendait les propositions russes sur la forme que prendraient de futures négociations. Il a également évoqué la possibilité d’un sommet entre le président Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, et a suggéré que Donald Trump y participe : « Nous souhaiterions vivement que le président Trump y soit associé », a-t-il déclaré.
Sur le terrain, les hostilités se poursuivent. L’Ukraine a reconnu avoir visé vendredi une usine dans la région russe de Lipetsk. De son côté, Moscou est accusée d’avoir mené une nouvelle série de frappes meurtrières, notamment à Odessa et dans la région de Donetsk, où plusieurs civils ont péri.
Malgré cette escalade, les échanges de prisonniers en cours semblent ouvrir une brèche diplomatique inédite depuis de longs mois, ravivant l’espoir d’un dialogue de paix encore fragile.