La ministre russe de la Culture, Olga Lyubimova, a entamé samedi une visite officielle en Corée du Nord, accompagnée d’une délégation de 125 artistes, saluant des liens culturels bilatéraux ayant atteint des « sommets sans précédent ». Cette visite illustre l’intensification des relations entre Moscou et Pyongyang dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes avec l’Occident.
Selon les médias d’État nord-coréens, Lyubimova a été accueillie avec faste à Pyongyang, où des responsables locaux ont mis en avant l’importance de la coopération culturelle comme vecteur de rapprochement entre les deux nations. La ministre russe a qualifié cette collaboration d’« historique » et a évoqué l’élan renouvelé qui anime les échanges entre les deux pays, tant dans les domaines artistiques que diplomatiques.
La délégation russe comprend des musiciens, danseurs et artistes de renom qui doivent se produire à l’occasion de plusieurs événements organisés par les autorités nord-coréennes. Ces initiatives s’inscrivent dans un cadre plus large de rapprochement stratégique entre Moscou et Pyongyang, renforcé depuis le début de la guerre en Ukraine et l’isolement international accru des deux régimes.
Cette visite intervient alors que la Russie et la Corée du Nord multiplient les signes d’un partenariat renforcé, que ce soit sur le plan militaire, économique ou culturel. Ces derniers mois, les échanges de délégations se sont intensifiés, et le président russe Vladimir Poutine a lui-même salué la « solidité » des relations avec Kim Jong-un.
Pour Moscou, le renforcement des liens culturels permet aussi de véhiculer une image d’influence et de prestige à l’étranger, en dépit des sanctions internationales. Pour Pyongyang, il s’agit d’un appui politique et symbolique de poids, face à un isolement diplomatique persistant.
Olga Lyubimova a conclu ses déclarations en soulignant l’importance de « partager nos traditions artistiques et nos valeurs humaines » avec le peuple nord-coréen, affirmant que l’art pouvait contribuer à « une compréhension mutuelle et une paix durable ». Une rhétorique qui tranche avec le climat de tensions mondiales dans lequel s’inscrit cette démonstration d’unité culturelle.