Le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, a mis en garde mercredi contre les risques d’escalade après les violations de l’espace aérien polonais par des drones russes, affirmant qu’aucun pays de l’OTAN n’était désormais à l’abri.
Dans un entretien avec Reuters à Vilnius, Budrys a estimé que de tels incidents rapprochent dangereusement l’alliance d’une confrontation directe avec Moscou, même s’il a évité d’employer le mot « conflit ». « Personne n’est en sécurité ici, ni dans la région, ni en Europe, ni au sein de l’alliance », a-t-il déclaré.
Ses propos interviennent après que la Pologne a abattu plusieurs drones russes qui avaient pénétré dans son espace aérien lors d’une vaste attaque en Ukraine occidentale, qualifiant cette incursion « d’acte d’agression ». Varsovie a convoqué une réunion d’urgence de son gouvernement et a fermé temporairement plusieurs aéroports.
« Nous avons un intérêt vital à éviter que ces incidents n’aboutissent à un échange de force militaire entre alliés et Russie », a insisté Budrys, soulignant que chaque franchissement de frontière accroît le risque d’engrenage incontrôlable.
Membre à la fois de l’OTAN et de l’Union européenne, la Lituanie partage une frontière avec la Russie et la Biélorussie, ce qui en fait un pays particulièrement exposé aux tensions actuelles.
Ces avertissements reflètent l’inquiétude croissante dans les pays baltes et en Europe de l’Est, qui redoutent que la guerre en Ukraine n’entraîne à terme l’alliance atlantique dans une confrontation militaire ouverte avec Moscou.