La Chine s’apprête à rejoindre le traité interdisant les armes nucléaires en Asie du Sud-Est, une fois l’ensemble des documents nécessaires finalisés. C’est ce qu’a annoncé jeudi le ministre malaisien des Affaires étrangères, Mohamad Hasan, à l’issue d’une conférence post-ministérielle de l’ASEAN avec la Chine à Kuala Lumpur.
Ce traité, connu sous le nom de SEANWFZ (Zone exempte d’armes nucléaires de l’Asie du Sud-Est), est en vigueur depuis 1997. Il engage ses États membres — les dix pays de l’ASEAN — à n’utiliser l’énergie nucléaire qu’à des fins strictement pacifiques, notamment pour la production d’électricité, et interdit toute activité nucléaire à des fins militaires sur leurs territoires.
« La Chine a exprimé son soutien de longue date au SEANWFZ et a réaffirmé sa volonté de le signer dès que les documents juridiques auront été dûment préparés », a déclaré le chef de la diplomatie malaisienne lors de la conférence. Il a salué cette avancée comme un pas important vers la dénucléarisation de la région et le renforcement de la sécurité collective.
La participation de la Chine à ce traité est symboliquement forte dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, notamment en mer de Chine méridionale, où plusieurs membres de l’ASEAN sont en désaccord territorial avec Pékin. Son adhésion pourrait être perçue comme un geste destiné à rassurer ses voisins sur ses intentions stratégiques dans la région.
Jusqu’à présent, aucun des cinq États dotés de l’arme nucléaire reconnus par le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — n’a signé le protocole du SEANWFZ, bien que la Chine ait régulièrement exprimé sa sympathie pour l’initiative.
Le ministre malaisien a précisé que des discussions techniques restaient en cours entre les parties concernées pour harmoniser les termes du protocole additionnel, qui permettra à la Chine de devenir le premier État nucléaire à ratifier le texte. Il a exprimé l’espoir que cette signature puisse ouvrir la voie à d’autres puissances nucléaires pour suivre l’exemple.
L’initiative SEANWFZ représente un pilier important de la diplomatie régionale de l’ASEAN, promouvant un ordre de sécurité basé sur la coopération, la non-prolifération et la neutralité stratégique.