La Cour constitutionnelle indonésienne devait se prononcer mercredi sur plusieurs recours contestant la révision d’une loi militaire, adoptée en mars, qui autorise une implication accrue des forces armées dans les affaires civiles. Cette réforme a contribué à déclencher une vague de manifestations massives à travers le pays.
Les plaignants dénoncent une adoption précipitée du texte sans consultation publique suffisante. Ils craignent que ces amendements ne renforcent l’influence de l’armée dans la vie civile et ne compromettent les acquis démocratiques de l’Indonésie depuis la chute de Suharto en 1998.
Les manifestations qui ont secoué Jakarta et d’autres grandes villes fin août ont été marquées par des heurts violents, alimentés par un mécontentement plus large vis-à-vis du gouvernement, notamment sur des questions liées aux avantages accordés aux parlementaires.
Le président Prabowo Subianto, ancien général des forces spéciales, est directement visé par les critiques de l’opposition et de la société civile, qui redoutent un retour progressif à une militarisation de la politique indonésienne.
Le verdict de la Cour constitutionnelle est attendu comme un test crucial de l’indépendance judiciaire et de la capacité du pays à contenir les tensions entre impératifs sécuritaires et respect des droits civils.