Frappes israéliennes en Iran : l’administration Trump prend ses distances et défend la voie diplomatique
Frappes israéliennes en Iran : l’administration Trump prend ses distances et défend la voie diplomatique

Alors qu’Israël a lancé une série de frappes majeures contre des installations nucléaires iraniennes, l’administration du président américain Donald Trump a affirmé jeudi ne pas être impliquée dans l’opération, tentant ainsi de préserver ses efforts diplomatiques en vue d’un nouvel accord nucléaire avec Téhéran. Cette position prudente contraste avec l’escalade militaire actuelle au Moyen-Orient, que Washington redoute de voir dégénérer.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a précisé que les frappes israéliennes avaient été décidées de manière « unilatérale » par Tel-Aviv, bien que les États-Unis aient été informés à l’avance. « Nous ne participons pas aux frappes contre l’Iran », a-t-il déclaré, insistant sur la priorité de « protéger les forces américaines dans la région ». Rubio a néanmoins averti l’Iran qu’aucune attaque contre les intérêts ou le personnel américains ne serait tolérée.

Quelques heures avant les bombardements, Donald Trump avait appelé à une résolution diplomatique du différend nucléaire. Tout en admettant que « des frappes pourraient très bien se produire », le président américain avait réaffirmé son intention de reprendre les négociations avec l’Iran. Ces discussions, prévues dimanche à Oman, réuniront l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi. Malgré la tension extrême, un haut responsable américain a assuré jeudi soir que les pourparlers étaient toujours maintenus.

Cette offensive israélienne survient au moment où Trump tente de conclure un accord censé remplacer le pacte de 2015 abandonné par son administration lors de son précédent mandat. L’Iran, de son côté, martèle que son programme nucléaire est à vocation exclusivement civile. Pourtant, l’Agence internationale de l’énergie atomique a récemment déclaré que Téhéran violait ses obligations de non-prolifération — une première en près de vingt ans.

L’attitude de Trump tranche désormais nettement avec celle de son allié israélien Benjamin Netanyahu. Le président américain souhaite également accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, une autre source de désaccord avec le Premier ministre israélien, critiqué pour sa gestion prolongée du conflit. Les tensions bilatérales se sont cristallisées en début de semaine lors d’une rencontre entre les deux dirigeants, au cours de laquelle l’Iran a dominé les échanges.

Dans un contexte de vives inquiétudes sécuritaires, Washington a commencé à retirer une partie de son personnel diplomatique et militaire du Moyen-Orient. Trump, dans une déclaration mardi, avait prévenu que la région « pourrait devenir dangereuse ». Si les États-Unis ne souhaitent pas être entraînés dans un nouveau conflit, les représailles iraniennes contre Israël pourraient néanmoins les placer dans une position délicate.

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