Erdogan accueille favorablement la levée des sanctions contre la Syrie lors d'une rencontre avec le président Sharaa
Erdogan accueille favorablement la levée des sanctions contre la Syrie lors d'une rencontre avec le président Sharaa

ISTANBUL – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi au président syrien Ahmed al-Sharaa que la Turquie saluait la décision des États-Unis et de l’Union européenne de lever les sanctions contre la Syrie, a indiqué la présidence turque dans un communiqué. Cette déclaration intervient au lendemain d’un décret américain levant la majorité des sanctions économiques imposées à Damas depuis le début du conflit civil en 2011.

La visite de Sharaa à Istanbul, qui n’avait pas été annoncée au préalable, marque un moment significatif dans le processus de normalisation entre Ankara et Damas, après plus d’une décennie de rupture. Elle intervient dans la foulée des décisions de Washington et de Bruxelles de tourner la page des sanctions, à la suite d’un changement de gouvernement à Damas et d’un engagement supposé en faveur d’une nouvelle stabilité régionale.

Recevant son homologue syrien au palais de Dolmabahçe, sur les rives du Bosphore, Erdogan lui a personnellement exprimé son soutien à cette évolution diplomatique. Des images diffusées par les télévisions turques montrent les deux dirigeants se serrant la main à leur arrivée.

Les discussions ont réuni de hauts responsables des deux pays, dont les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ainsi que les chefs des services de renseignement. Le président Erdogan a réaffirmé la volonté de la Turquie de voir les milices kurdes du YPG, considérées comme terroristes par Ankara, déposer les armes et s’intégrer aux forces de sécurité syriennes.

Selon une source sécuritaire turque, des pourparlers ont déjà été engagés cette semaine entre le chef des services secrets turcs, Ibrahim Kalin, et le président Sharaa à ce sujet. Le YPG constitue la colonne vertébrale des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par Washington, mais Ankara l’associe au PKK, groupe séparatiste kurde qui a récemment annoncé la fin de sa lutte armée contre l’État turc.

Dans ce contexte géopolitique en pleine mutation, la nomination de l’ambassadeur américain à Ankara, Tom Barrack, au poste d’envoyé spécial pour la Syrie, souligne la reconnaissance par Washington du rôle stratégique croissant joué par la Turquie dans la région. La réouverture progressive de la Syrie sur la scène internationale pourrait ainsi se faire sous l’égide d’un axe Ankara-Washington rénové.

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