Le parti ultra-orthodoxe israélien Judaïsme unifié de la Torah (UTJ) a annoncé lundi son retrait de la coalition dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en raison de l’impasse persistante sur le projet de loi concernant l’exemption des étudiants en yeshiva du service militaire obligatoire. Cette décision fait vaciller un peu plus l’équilibre précaire du gouvernement israélien.
Six des sept membres encore en fonction du parti UTJ ont adressé des lettres de démission à la Knesset. Le chef du parti, Yitzhak Goldknopf, avait quant à lui quitté son poste il y a un mois, anticipant ce désengagement. Le départ de ce partenaire clé de la coalition de droite et d’extrême droite pourrait compromettre la stabilité du gouvernement Netanyahu, déjà affaibli par des tensions internes et les divisions au sein de l’opinion publique sur de nombreuses réformes controversées.
Le cœur du différend repose sur une question récurrente dans la société israélienne : le statut des étudiants des écoles religieuses (yeshivot) vis-à-vis du service militaire. La communauté ultra-orthodoxe réclame une exemption générale pour ses jeunes hommes, qui consacrent leur vie à l’étude de la Torah, tandis qu’une large partie de la population considère cette dispense comme injuste, surtout dans un pays où le service militaire est obligatoire pour la majorité des citoyens juifs.
Le gouvernement s’était engagé à faire avancer un projet de loi pérennisant ces exemptions, mais les désaccords persistants au sein de la coalition ont empêché toute adoption législative. Ce blocage a provoqué la colère croissante des partis ultra-orthodoxes, pour qui cette question est un pilier idéologique et électoral non négociable.
Le départ de l’UTJ jette une ombre sur l’avenir politique immédiat d’Israël. La coalition de Netanyahu reposait sur une majorité fragile, et ce retrait pourrait contraindre le Premier ministre à chercher de nouveaux alliés, voire à envisager des élections anticipées si aucun compromis n’est trouvé.
La conscription des ultra-orthodoxes reste l’un des sujets les plus explosifs de la politique israélienne contemporaine. Elle cristallise les fractures entre laïcité et religiosité, égalité citoyenne et prérogatives communautaires. La décision de l’UTJ de claquer la porte du gouvernement pourrait relancer un débat national brûlant, à un moment où Israël est déjà confronté à de profondes tensions sociales, sécuritaires et institutionnelles.