Corée du Sud et États-Unis préparent un sommet sous tension, l’accord commercial toujours en suspens
Corée du Sud et États-Unis préparent un sommet sous tension, l’accord commercial toujours en suspens

À l’approche d’un sommet bilatéral attendu entre la Corée du Sud et les États-Unis, les deux alliés s’efforcent de finaliser un nouvel accord commercial, mais plusieurs points de friction persistent, notamment autour du partage des bénéfices issus des investissements stratégiques. Malgré une alliance militaire étroite et une coopération économique historique, les négociations piétinent alors que les États-Unis viennent de conclure un accord similaire avec le Japon.

Selon un conseiller économique sud-coréen cité par Reuters, Séoul s’inquiète de ne pas bénéficier des mêmes avantages que Tokyo, notamment en matière de droits de douane, de quotas et de soutien à l’innovation technologique. L’accord nippo-américain signé plus tôt cette année aurait renforcé la compétitivité du Japon dans des secteurs clés tels que les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les énergies renouvelables – au détriment des entreprises sud-coréennes.

Les discussions se sont intensifiées ces dernières semaines en prévision du sommet, prévu à Washington à la mi-août. Toutefois, les négociateurs des deux camps peinent à s’entendre sur la manière de répartir équitablement les retombées des investissements conjoints, notamment dans les usines de batteries et les chaînes d’approvisionnement critiques.

Séoul rejette catégoriquement les affirmations selon lesquelles elle aurait accepté des concessions majeures sans contrepartie équitable. Le ministère sud-coréen du Commerce a qualifié ces allégations d’« inexactes » et a réaffirmé que tout accord devrait « refléter les intérêts stratégiques mutuels des deux pays ».

La question de la réciprocité dans les échanges commerciaux s’est intensifiée avec l’administration Trump, qui a imposé ces derniers mois des droits de douane sur plusieurs produits asiatiques, dans un contexte de politique industrielle plus protectionniste. La Corée du Sud cherche à préserver ses exportations vers les États-Unis, qui représentent une part substantielle de son économie, tout en obtenant des garanties contre d’éventuelles hausses tarifaires futures.

L’administration sud-coréenne du président Lee Jae Myung, arrivée au pouvoir en juin, est sous pression politique pour défendre les intérêts économiques nationaux dans un contexte de ralentissement de la croissance et de tensions géopolitiques croissantes en Asie du Nord-Est.

Le sommet à venir est considéré comme une opportunité critique de renforcer la coopération bilatérale au-delà des simples échanges économiques, notamment dans les domaines de la défense, de la cybersécurité et de la transition énergétique. Mais sans avancée tangible sur l’accord commercial, les analystes estiment que l’événement pourrait être éclipsé par les désaccords non résolus.

En dépit des tensions actuelles, les deux pays maintiennent leur volonté de parvenir à un terrain d’entente. Selon des sources diplomatiques, un projet d’accord pourrait encore être finalisé à la dernière minute, mais toute décision majeure nécessiterait l’aval des dirigeants eux-mêmes lors du sommet.

Partager