Chypre a officiellement pris mercredi la présidence tournante de l’Union européenne pour un mandat de six mois, en ouvrant cette nouvelle étape par une réunion à Nicosie en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen Antonio Costa.
Accueilli au palais présidentiel par le chef de l’État chypriote Nikos Christodoulides, Zelensky a exprimé l’espoir que la présidence chypriote permette des avancées concrètes vers l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Il a indiqué que cette rencontre serait aussi l’occasion d’échanger sur les suites du sommet de Paris, au cours duquel les États-Unis ont soutenu une large coalition d’alliés de Kiev prêts à offrir des garanties de sécurité en cas de cessez-le-feu avec la Russie.
Une cérémonie officielle prévue plus tard dans la journée à Nicosie doit réunir plusieurs dirigeants du Moyen-Orient, dont le président libanais Joseph Aoun, illustrant l’ambition de Chypre de se positionner comme un pont diplomatique entre l’Europe et la région méditerranéenne orientale durant sa présidence.
Traditionnellement proche de Moscou sur les plans politique et culturel, Chypre s’est néanmoins pleinement alignée sur les sanctions européennes contre la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Sur l’île, de nombreux responsables établissent un parallèle entre l’invasion russe de l’Ukraine et l’occupation du nord de Chypre par la Turquie depuis 1974, à la suite d’un coup d’État soutenu par la junte grecque de l’époque.
La présence de Zelensky a ainsi été perçue comme un signal politique fort du soutien constant de l’Union européenne à Kiev, alors que le conflit entre dans sa cinquième année. Dans un message publié sur X, Christodoulides a réaffirmé l’engagement « indéfectible » de Chypre en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, soulignant que son pays comprenait pleinement les conséquences d’une invasion et d’une occupation militaire prolongées.
Au cours de sa visite, le président ukrainien a également rencontré l’archevêque orthodoxe grec de Chypre, Georgios, à la tête de l’une des plus anciennes Églises chrétiennes indépendantes. Malgré des divisions internes, l’Église chypriote a exprimé son soutien à l’indépendance de l’Église orthodoxe d’Ukraine vis-à-vis de Moscou, ajoutant une dimension religieuse et symbolique au déplacement de Zelensky.