Berlin veut lever les freins administratifs pour accélérer sa montée en puissance militaire
Berlin veut lever les freins administratifs pour accélérer sa montée en puissance militaire

Le gouvernement allemand prépare une réforme législative majeure destinée à accélérer l’équipement de son armée en simplifiant drastiquement les règles d’achat de matériel de défense. Selon un projet de loi consulté vendredi par l’agence Reuters, Berlin entend ainsi surmonter les lourdeurs administratives qui freinent depuis des années la modernisation de la Bundeswehr, dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie.

Le texte affirme que le renforcement rapide des capacités militaires de l’Allemagne « ne doit pas échouer en raison de procédures d’approvisionnement trop complexes ou de longs processus d’autorisation ». Le facteur temps y est jugé « crucial », alors que le document met en garde contre des signes indiquant que les ambitions militaires de Moscou pourraient dépasser le cadre du conflit en Ukraine.

La réforme vise notamment à permettre des acquisitions plus rapides en invoquant des exemptions prévues par le droit européen, notamment lorsque les marchés concernent des questions de sécurité nationale vitale. Tous les achats liés à la préparation militaire de l’Europe et de l’OTAN seraient désormais considérés comme tels, offrant un cadre juridique plus souple pour contourner les appels d’offres classiques.

Le projet de loi promeut aussi une coopération renforcée avec les partenaires européens et ouvre davantage les marchés publics aux start-ups innovantes. L’objectif est de stimuler l’industrie de défense allemande, tout en renforçant l’autonomie stratégique du continent face à des menaces géopolitiques croissantes.

Le gouvernement du chancelier Friedrich Merz a déjà validé un cadre budgétaire ambitieux, qui prévoit une augmentation massive des dépenses militaires : de 95 milliards d’euros en 2025 à 162 milliards en 2029, ce qui représentera alors 3,5 % du produit intérieur brut. Cette orientation est alignée avec la décision des membres de l’OTAN, réunis cette semaine à La Haye, de relever leur objectif global de dépenses militaires à 5 % du PIB, dont une large part destinée à la défense de base.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Allemagne a opéré un tournant stratégique majeur, rompant avec des décennies de retenue militaire. Mais les retards récurrents dans la passation de marchés, les projets avortés et les dépassements de coûts ont suscité de vives critiques. Avec cette nouvelle loi, Berlin espère enfin passer à la vitesse supérieure.

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