Une étude récente a révélé que l’intelligence artificielle, appliquée à l’examen pulmonaire par ultrasons (échographie), surpasse les experts humains de 9 % dans le diagnostic de la tuberculose pulmonaire. Cette innovation représente une alternative rapide, simple et précise aux tests de dépistage traditionnels, comme les analyses complexes des expectorations, et pourrait jouer un rôle essentiel dans la lutte mondiale contre cette maladie.
L’étude a été menée par des chercheurs de l’université de Lausanne (Suisse) et de l’université Yale (États-Unis), et ses résultats ont été présentés lors du congrès ESCMID Global 2025 (Société européenne de microbiologie clinique et des maladies infectieuses), qui s’est tenu en avril à Vienne, en Autriche. Le site EurekAlert a relayé les conclusions de l’étude.
Les chercheurs ont développé une technologie d’IA baptisée ULTR-AI, capable d’analyser les images captées par des appareils à ultrasons portables connectés à des smartphones.
Cette technologie repose sur trois modèles d’IA :
- Le premier prédit directement la présence de la tuberculose à partir des images pulmonaires.
- Le deuxième identifie les motifs et signes caractéristiques généralement repérés par les radiologues humains.
- Le troisième fusionne les résultats des deux premiers modèles et s’appuie sur l’évaluation du plus haut risque détecté pour affiner la précision du diagnostic.
Des résultats prometteurs
L’étude a porté sur 504 patients d’un centre médical situé au Bénin, en Afrique de l’Ouest, dont 192 étaient atteints de tuberculose pulmonaire. Les résultats ont montré que la technologie pouvait détecter correctement 93 % des cas de tuberculose, un taux qui dépasse le seuil de 90 % recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette avancée représente une étape majeure vers un dépistage précoce et précis, permettant une prise en charge plus rapide, plus efficace et moins coûteuse.
Selon la Dr Véronique Suttels, du département des maladies infectieuses de l’université de Lausanne et co-auteure de l’étude :
« Notre modèle est capable de détecter les signes classiques que les experts recherchent lors des échographies pulmonaires, comme les masses importantes ou les altérations des tissus. « Mais ce qui le distingue, c’est sa capacité à repérer des détails subtils que l’œil humain ne perçoit pas.»
Elle ajoute :
« L’un des atouts majeurs de cette technologie est qu’elle fournit des résultats instantanés via des applications mobiles. Cela transforme l’échographe en outil de diagnostic direct sur le lieu de soins, permettant aux médecins de poser un diagnostic rapide pendant même la consultation. »