Un cardinal influent appelle à élire un pape tourné vers l’unité et non les intérêts personnels
Un cardinal influent appelle à élire un pape tourné vers l’unité et non les intérêts personnels

CITÉ DU VATICAN — Alors que les 133 cardinaux électeurs entament ce mercredi le conclave chargé d’élire le successeur du pape François, le cardinal Giovanni Battista Re, doyen du Collège des cardinaux, les a exhortés à choisir un pontife capable de privilégier l’unité dans la diversité et de mettre de côté toute ambition personnelle.

Dans son homélie prononcée lors de la messe solennelle précédant le conclave, célébrée à la basilique Saint-Pierre, le cardinal Re, âgé de 91 ans, a rappelé que cette élection représente l’une des plus hautes responsabilités humaines et ecclésiales. Il a insisté sur le fait que le futur pape devra incarner la communion et préserver l’unité de l’Église face aux défis contemporains.

Après la messe, les cardinaux ont entamé le rituel traditionnel en procession vers la chapelle Sixtine. C’est là, au cœur du Vatican, qu’ils seront enfermés sans aucun contact avec l’extérieur, leurs téléphones confisqués et les communications brouillées. Ils prêteront serment sur les Évangiles, s’engageant à ne subir aucune influence extérieure dans leur vote.

Dans cette chapelle ornée des fresques de Michel-Ange, notamment « Le Jugement dernier », les cardinaux débuteront les scrutins dans un silence absolu. Un candidat doit recueillir au moins 89 voix, soit les deux tiers des suffrages, pour être élu pape. La fumée noire signalera l’absence d’accord, tandis que la fumée blanche annoncera au monde qu’un nouveau pontife a été désigné.

La composition du collège électoral est aujourd’hui la plus diversifiée de l’histoire, avec des cardinaux issus de 70 pays. Le pape François avait lui-même nommé 108 d’entre eux, élargissant la représentation du « Sud global », des régions historiquement marginalisées dans les instances vaticanes.

Ce conclave se déroule dans un climat de débats et d’attentes, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Église. Tandis que des groupes conservateurs, des survivants d’abus sexuels et des militants pour l’ordination des femmes ont tenté d’influencer les discussions en amont, des voix catholiques progressistes espèrent que l’élan réformateur de François se poursuivra.

Plusieurs noms reviennent parmi les papabili : le cardinal italien Pietro Parolin, 70 ans, ex-secrétaire d’État du Vatican ; le cardinal philippin Luis Antonio Tagle, 67 ans, ancien responsable de l’évangélisation dans les régions en développement ; ou encore le cardinal hongrois Peter Erdo, 72 ans, figure respectée du courant conservateur.

Le conclave pourrait durer plusieurs jours, comme cela a été le cas pour les papes récents. Mais quelle que soit sa durée, l’attente d’un pasteur capable de rassembler et de guider l’Église dans un monde en mutation est immense.

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