L’ancien président sri-lankais Ranil Wickremesinghe a été arrêté vendredi par le Département des enquêtes criminelles, ont rapporté les médias locaux. Il est soupçonné d’avoir détourné des fonds publics, notamment pour financer un voyage à Londres lié à la cérémonie de remise de diplôme de son épouse.
Wickremesinghe, figure politique majeure de l’île depuis plusieurs décennies, a marqué l’histoire du pays en devenant Premier ministre à six reprises avant d’être porté à la présidence en 2022, au plus fort de la crise économique et sociale qui avait provoqué la chute de son prédécesseur.
Selon les premiers éléments relayés par la presse, l’affaire porte sur l’utilisation de ressources de l’État à des fins personnelles. Le déplacement contesté aurait eu lieu alors qu’il exerçait ses fonctions présidentielles. Les autorités n’ont pas encore publié de communiqué officiel détaillant les charges exactes retenues contre lui.
Cette arrestation survient dans un contexte politique tendu, à l’approche de nouvelles échéances électorales. Wickremesinghe, qui s’était présenté comme candidat indépendant à la présidentielle de 2024, restait une personnalité clivante mais influente sur la scène nationale.
Le scandale pourrait peser lourdement sur l’image d’un homme longtemps perçu comme un technocrate pragmatique, qui avait tenté de redresser l’économie sri-lankaise en négociant un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international.
Pour ses partisans, cette arrestation traduit une instrumentalisation politique de la justice. Pour ses détracteurs, elle symbolise au contraire la nécessité de rendre des comptes après des décennies de gestion jugée opaque et de corruption au sommet de l’État.