Le fils de l’ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a déclaré craindre que sa mère, détenue par la junte militaire depuis le coup d’État de 2021, soit gravement malade, voire décédée, faute de toute information officielle sur son état de santé.
Dans un entretien accordé à Reuters à Tokyo, Kim Aris a expliqué n’avoir reçu aucun signe direct de vie de sa mère depuis plusieurs mois. « Pour autant que je sache, elle pourrait être morte », a-t-il affirmé, évoquant une situation qu’il juge « inhumaine » et une détérioration inquiétante de la santé de la lauréate du prix Nobel de la paix.
Aung San Suu Kyi, âgée de 80 ans, purge de multiples peines de prison à l’issue de procès largement dénoncés par la communauté internationale comme politiquement motivés. Depuis son arrestation, elle est tenue au secret, sans accès libre à sa famille ni à des observateurs indépendants, ce qui alimente les inquiétudes sur ses conditions de détention.
Selon son fils, des informations indirectes et fragmentaires laissent penser qu’elle souffre de problèmes de santé graves, notamment dentaires et cardiaques, sans bénéficier de soins médicaux appropriés. Kim Aris a indiqué qu’il tentait, sans succès, d’obtenir une preuve qu’elle est toujours en vie ou qu’elle reçoit un traitement adapté.
Il a également estimé que la junte pourrait chercher à utiliser sa mère comme un atout politique, évoquant la possibilité que des élections organisées par les militaires – qu’il a qualifiées de « bidon » – puissent servir de prétexte à une libération conditionnelle ou à un allègement de sa détention.
Depuis le renversement du gouvernement civil en février 2021, le Myanmar est plongé dans un conflit sanglant entre l’armée et une mosaïque de groupes rebelles et de forces de résistance. La répression a fait des milliers de morts et de prisonniers, tandis que la situation humanitaire ne cesse de se dégrader.
La communauté internationale continue d’exiger la libération d’Aung San Suu Kyi et des autres prisonniers politiques, mais les autorités militaires birmanes restent sourdes à ces appels. Les déclarations de son fils viennent raviver les craintes sur le sort réel de l’ancienne dirigeante, symbole déchu de la transition démocratique du pays.