WASHINGTON — L’U.S. Institute of Peace (USIP) a officiellement repris mercredi le contrôle de son siège à Washington, deux jours après qu’un juge fédéral a jugé illégal le licenciement de son personnel et de son conseil d’administration par le très controversé Department of Government Efficiency (DOGE), dirigé par Elon Musk au sein de l’administration Trump.
George Moose, président par intérim de l’institut et ancien diplomate, est entré dans les locaux en compagnie d’agents de sécurité privés et de l’avocat externe de l’organisation. C’était la première fois depuis mars, date de leur éviction lors de la prise de contrôle par DOGE, que les dirigeants légitimes remettaient les pieds dans le bâtiment.
« Nous avons fait une brève inspection. De manière visible, tout semble en bon état. Aucun dégât apparent », a déclaré Moose après avoir parcouru les lieux. Dès jeudi, des équipes des ressources humaines, des services informatiques et financiers doivent entamer les préparatifs pour le retour progressif du personnel. Moose a affirmé vouloir réintégrer tous les employés souhaitant revenir.
Créé par le Congrès en 1984 pour promouvoir la paix et résoudre les conflits dans le monde, l’Institut opérait dans plus de vingt zones de guerre avant son démantèlement forcé par DOGE, entité lancée par Musk pour rationaliser le gouvernement. L’institution avait rapidement intenté un recours judiciaire contre sa fermeture, obtenant gain de cause lundi lorsque la juge Beryl A. Howell a déclaré l’intervention du DOGE inconstitutionnelle.
La Maison Blanche a réagi sèchement par la voix d’Anna Kelly, porte-parole de l’administration : « Le président Trump a raison de réduire des entités échouées et inutiles comme l’USIP à leur minimum légal. La tentative d’un juge rebelle d’empiéter sur la séparation des pouvoirs ne sera pas le dernier mot sur la question. » L’exécutif a d’ailleurs déposé un recours en appel dès mercredi soir, assorti d’une demande de suspension du jugement.
Depuis son arrivée à la tête du DOGE, Elon Musk a supervisé des coupes massives dans de nombreuses agences fédérales. Mais le retour de l’USIP dans ses locaux marque une rare victoire pour les institutions ciblées par cette restructuration brutale. Au plus fort de la crise, l’accès au bâtiment avait été forcé à l’aide de la police fédérale et locale, après un premier face-à-face entre les membres du DOGE et le personnel de l’Institut.
Selon l’avocat George Foote, la restitution des lieux par le gouvernement s’est déroulée de manière « fluide et ordonnée ». Moose, pour sa part, a déclaré que l’objectif désormais est de reprendre le travail de fond de l’organisation : « Nous voulons poursuivre les projets et les idées qui, selon nous, intéressent profondément le peuple américain. »