Le Sénat brésilien a approuvé mercredi un projet de loi visant à réduire la peine de prison de 27 ans infligée à l’ancien président Jair Bolsonaro pour sa tentative de coup d’État, une décision hautement controversée qui pourrait profondément rebattre les cartes politiques au Brésil. Le texte, déjà validé la semaine dernière par la Chambre des députés, doit désormais être examiné par le président Luiz Inacio Lula da Silva.
S’il entrait en vigueur, ce projet de loi ramènerait la peine de Jair Bolsonaro à un peu plus de deux ans de prison. Le chef de l’État n’a pour l’instant pas indiqué s’il comptait promulguer le texte ou y opposer son veto, tandis que la Cour suprême a déjà fait savoir son hostilité à cette initiative législative.
La réforme prévoit également des réductions de peine pour les personnes condamnées pour leur participation aux émeutes du 8 janvier 2023, lorsque des partisans de Bolsonaro avaient envahi et saccagé le palais présidentiel, la Cour suprême et le Congrès à Brasilia. Ces événements avaient profondément choqué le pays et marqué le début d’une vaste vague de poursuites judiciaires.
Le sénateur Esperidião Amin, auteur du projet de loi, a défendu le texte comme un moyen d’apaiser les tensions politiques. « Cela fait partie de notre chemin vers la paix, et nous devons tous le célébrer », a-t-il déclaré après l’adoption du projet par 48 voix contre 25. Une justification rejetée par de nombreux opposants, qui y voient une remise en cause dangereuse de l’État de droit.
Malgré les critiques, le texte bénéficie du soutien de Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président, qui a reconnu qu’il ne répondait pas à toutes les attentes du camp bolsonariste. L’issue finale dépend désormais de la décision de Lula, dont le choix pourrait raviver les divisions politiques dans un pays encore marqué par les séquelles de la crise institutionnelle de 2023.