Le Parlement slovaque a adopté une nouvelle législation modifiant les règles encadrant la protection des lanceurs d’alerte et des témoins à charge, un texte vivement critiqué par l’opposition qui y voit une menace directe pour l’état de droit. Les débats se sont déroulés dans une atmosphère extrêmement tendue, marquée par des sifflets, des huées et plusieurs échanges verbaux houleux entre élus.
Les tensions politiques se sont accentuées depuis le retour au pouvoir du Premier ministre Robert Fico, dont le gouvernement, soutenu par des parlementaires nationalistes de gauche, est accusé par l’opposition de chercher à affaiblir les garde-fous institutionnels. Selon les adversaires du texte, les changements adoptés ouvriraient la voie à des pressions accrues sur les témoins et porteraient atteinte aux mécanismes anticorruption.
La Commission européenne a exprimé ses préoccupations face à cette réforme, soulignant qu’elle suivait de près l’évolution de l’état de droit en Slovaquie. Bruxelles craint que les modifications apportées ne compromettent la protection des citoyens signalant des comportements illicites et n’affaiblissent l’indépendance des enquêtes sensibles.
Des images diffusées par un député montrent la virulence des débats, avec des élus de l’opposition protestant bruyamment lors du vote, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une manœuvre visant à intimider les lanceurs d’alerte. Malgré ces protestations, la majorité a maintenu sa position, faisant adopter la loi.
La réforme doit encore être mise en œuvre, mais elle s’inscrit dans un contexte politique déjà fracturé, où les institutions slovaques sont soumises à une intense pression et où la confiance du public reste fragile.