Après François, des défis de taille pour le prochain pape : femmes, abus, divisions et LGBTQ+
Après François, des défis de taille pour le prochain pape : femmes, abus, divisions et LGBTQ+

Le conclave appelé à élire le successeur du pape François s’apprête à désigner le 267e pontife de l’Église catholique. Mais celui-ci héritera d’une institution confrontée à de multiples défis, laissés en suspens après les douze années de pontificat du premier pape jésuite et latino-américain de l’histoire. De la crise des finances du Vatican aux guerres mondiales, en passant par les tensions internes et les attentes croissantes des fidèles, la mission du futur chef de l’Église s’annonce colossale.

L’un des enjeux majeurs concerne le rôle des femmes dans l’Église. François a nommé un nombre inédit de femmes à des postes de responsabilité au Vatican, mais sans toucher à la règle du célibat masculin ou à l’ordination sacerdotale réservée aux hommes. Or, les femmes constituent la majorité des pratiquants et assurent l’essentiel des services sociaux de l’Église. Beaucoup réclament désormais plus qu’une simple présence : une reconnaissance réelle. « C’est une question de justice, pas de féminisme », souligne l’Argentine Maria Lia Zerbino, conseillère à la nomination des évêques.

Autre héritage brûlant : la polarisation croissante entre progressistes et traditionalistes. Sous François, cette fracture s’est accentuée, notamment après sa restriction de la messe en latin et sa volonté d’ouvrir l’Église à davantage d’écoute des fidèles. Deux lettres anonymes, attribuées à des cardinaux conservateurs, ont accusé son pontificat d’avoir semé confusion et divisions. Le futur pape devra tenter de rassembler un clergé profondément divisé sur la direction doctrinale et liturgique à suivre.

Le scandale des abus sexuels, bien que désormais mieux reconnu, reste une plaie béante. Si les papes Benoît XVI et François ont modifié le droit canon pour sanctionner les abuseurs et les responsables complices, le manque de transparence, d’uniformité dans les sanctions et l’absence d’une politique de « tolérance zéro » universelle suscitent encore l’indignation des survivants. Ces derniers réclament du prochain pape une réforme profonde et sans compromis.

Sur la question LGBTQ+, François a ouvert des portes, en prônant l’accueil et en autorisant en 2024, sous certaines conditions, la bénédiction de couples de même sexe. Mais cette approche a rencontré une vive opposition, notamment de la part des évêques africains. Le nouveau pontife devra trancher : maintenir cette ligne inclusive ou revenir à une posture plus traditionnelle, au risque de froisser des millions de croyants.

Enfin, dans un monde bouleversé par les conflits armés et les crises climatiques, le nouveau pape devra déterminer ses priorités : poursuivra-t-il les combats sociaux de François, pour les migrants, l’environnement et la justice sociale ? Ou choisira-t-il une autre voie pour une Église qui, plus que jamais, se cherche un cap dans une époque troublée ?

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