17 pays de l’UE dénoncent les lois hongroises jugées hostiles aux personnes LGBTQ+
17 pays de l’UE dénoncent les lois hongroises jugées hostiles aux personnes LGBTQ+

Dix-sept États membres de l’Union européenne ont exprimé lundi leur vive inquiétude face aux récentes législations adoptées par la Hongrie, qu’ils accusent de porter atteinte aux droits fondamentaux des personnes LGBTQ+ et de s’écarter des valeurs fondatrices de l’Union. Dans une déclaration conjointe, ces pays appellent Budapest à revenir sur ses décisions et exhortent la Commission européenne à utiliser tous les moyens juridiques à sa disposition si la Hongrie persiste.

Le Parlement hongrois a récemment adopté une série de mesures controversées. Parmi elles, une loi permettant l’interdiction des marches des fiertés et autorisant la reconnaissance faciale pour identifier les participants. Une autre réforme constitutionnelle a également été adoptée, restreignant légalement la reconnaissance du genre aux seuls hommes et femmes, niant toute reconnaissance des identités de genre non binaires ou transgenres.

Les signataires de la déclaration — dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore la Suède — dénoncent des textes contraires aux principes de liberté, d’égalité et de respect des droits humains. Ils demandent à la Commission européenne de faire respecter le droit européen, évoquant la possibilité d’engager des poursuites contre la Hongrie.

Le processus d’examen en cours au sein de l’UE, qui pourrait à terme priver Budapest de ses droits de vote au Conseil, semble toutefois manquer de soutien unanime parmi les 27 membres pour être mené à son terme. En marge d’une réunion à Bruxelles, le ministre hongrois des Affaires européennes, Janos Boka, a affirmé qu’« aucune interdiction de la Gay Pride n’existe en Hongrie » et a appelé à une lecture « plus nuancée » de la législation.

Les militants LGBTQ+, quant à eux, dénoncent une interdiction de facto, appuyée par les déclarations du Premier ministre Viktor Orban et de ses proches collaborateurs, qualifiant les marches de nuisibles pour les enfants. Une position que conteste fermement la Commission européenne. « La liberté de réunion est un droit fondamental », a insisté le commissaire Michael McGrath, soulignant que la défense de ce droit est au cœur des principes de l’Union.

Les tensions entre la Hongrie et l’UE ne sont pas nouvelles, Viktor Orban ayant multiplié les frictions avec Bruxelles sur les questions de démocratie, d’indépendance de la justice et de libertés civiles depuis son arrivée au pouvoir en 2010.

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