30 juillet 2025 – Dans le cadre d’un plan visant à endiguer la hausse des arrivées de migrants sur les côtes grecques, des officiers des garde-côtes libyens ont entamé une formation sur l’île de Crète, a indiqué mercredi une source gouvernementale grecque. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la coopération entre Athènes et Tripoli sur la question migratoire, malgré les tensions diplomatiques persistantes entre les deux pays.
La formation, supervisée par les garde-côtes grecs avec l’appui de l’Union européenne, vise à renforcer les capacités de la Libye à surveiller ses eaux territoriales et à intercepter les embarcations transportant des migrants vers l’Europe. Elle intervient alors que la Grèce constate une recrudescence des traversées en provenance de la Libye, un pays toujours marqué par l’instabilité politique et les réseaux de trafic d’êtres humains.
Athènes redouble d’efforts face à ce qu’elle qualifie d’« urgence migratoire » : frégates déployées au large de la Libye, renforcement des patrouilles maritimes et multiplication des accords bilatéraux avec des pays d’origine ou de transit. Le camp temporaire installé en Crète, où des centaines de migrants ont été récemment accueillis sur un terrain de football à Réthymnon, illustre la pression croissante à laquelle le pays fait face.
Cette collaboration gréco-libyenne s’inscrit dans un contexte diplomatique délicat. Les relations entre les deux pays sont tendues depuis la signature en 2019 d’un accord de délimitation maritime entre la Libye, alors dirigée par le gouvernement de Tripoli, et la Turquie, rivale géopolitique de la Grèce en Méditerranée orientale. Cet accord avait été jugé illégal par Athènes et plusieurs pays européens.
Malgré ces différends, la lutte contre l’immigration irrégulière semble ouvrir un canal de coopération pragmatique. Le gouvernement grec espère que cette formation contribuera à réduire les départs depuis les côtes libyennes, souvent organisés par des réseaux de passeurs qui profitent du chaos local et de l’absence de contrôle des autorités.
L’Union européenne, qui finance en partie l’initiative, continue de miser sur le renforcement des capacités des pays tiers pour contenir la migration à ses frontières extérieures. Une stratégie qui suscite la controverse chez les ONG, certaines dénonçant le refoulement illégal de migrants ou les risques encourus lors des interceptions en mer Méditerranée.