Nouveau tournant dans la guerre opposant les États-Unis, Israël et l’Iran : l’administration de Donald Trump a transmis à Téhéran un plan de paix en 15 points, présenté comme une base de sortie de crise. La proposition américaine comprend notamment un cessez-le-feu d’un mois, l’ouverture de discussions plus larges sur l’après-conflit, ainsi que des exigences portant sur le programme nucléaire iranien et la sécurité maritime dans le Golfe.
Le projet prévoit aussi la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Sur ce point, l’Iran a indiqué dans une note adressée au Conseil de sécurité de l’ONU et à l’Organisation maritime internationale que les navires jugés “non hostiles” peuvent de nouveau emprunter le détroit, à condition de se coordonner avec les autorités iraniennes et de ne pas participer à des actions hostiles contre la République islamique.
Cette ouverture reste toutefois très partielle. Téhéran n’a pas annoncé un retour complet à la normale dans le détroit, mais un dispositif conditionnel, réservé aux bâtiments qu’il ne considère pas comme liés aux États-Unis, à Israël ou à d’autres acteurs engagés contre lui. Reuters souligne ainsi que l’allègement annoncé sur Ormuz s’apparente davantage à une mesure de gestion contrôlée du trafic qu’à une levée totale des restrictions imposées ces derniers jours.
Sur le terrain diplomatique, la prudence domine. Donald Trump a affirmé que des progrès étaient en cours, mais le commandement militaire iranien a rejeté cette lecture, estimant que Washington “négocie avec lui-même”. Autrement dit, le plan américain existe bien comme proposition, mais il ne constitue pas à ce stade un accord accepté par les deux parties. Pendant ce temps, les frappes et contre-frappes se poursuivent entre l’Iran, Israël et les forces américaines présentes dans la région.
Les cours du pétrole en baisse
Les marchés ont néanmoins salué la possibilité d’une désescalade. Les cours du pétrole ont chuté de plus de 5% mercredi en Asie, le Brent tombant à 98,28 dollars le baril et le WTI à 87,68 dollars, les opérateurs pariant sur une réduction du risque de rupture durable d’approvisionnement si un cessez-le-feu venait à se concrétiser. Les analystes interrogés par l’agence avertissent toutefois qu’un nouvel épisode militaire majeur pourrait effacer très rapidement ce recul.