La Thaïlande et le Cambodge ont convenu de tenir, le 24 décembre, une réunion de responsables de la défense afin de tenter de relancer un cessez-le-feu mis à mal, alors que les affrontements le long de leur frontière commune sont entrés dans leur troisième semaine, faisant au moins 80 morts.
Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est à Kuala Lumpur. Les diplomates de la région ont appelé à une cessation immédiate des hostilités et à la mise en œuvre de mesures concrètes pour éviter une nouvelle escalade militaire.
Les combats se sont intensifiés après l’effondrement d’une trêve négociée plus tôt cette année sous l’égide de la Malaisie, qui assure actuellement la présidence de l’ASEAN, avec le soutien du président américain Donald Trump. Depuis, des échanges quotidiens d’artillerie et de roquettes ont été signalés le long des 817 kilomètres de frontière terrestre, des zones forestières proches du Laos jusqu’aux provinces côtières du golfe de Thaïlande.
La Thaïlande affirme vouloir des garanties claires de la part du Cambodge quant au respect d’un cessez-le-feu durable, tandis que Phnom Penh accuse Bangkok d’avoir rompu les engagements précédents. Les violences ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de civils, accentuant la pression humanitaire dans plusieurs provinces frontalières.
Les ministres de l’ASEAN ont salué la tenue annoncée du Comité général des frontières, un mécanisme bilatéral existant de longue date, estimant qu’il pourrait jouer un rôle clé dans la vérification de la trêve et la réduction des tensions. Malgré ces initiatives diplomatiques, la situation sur le terrain reste volatile, et la communauté régionale craint qu’un échec des discussions ne prolonge un conflit déjà lourd de conséquences humaines et politiques.