KIEV, 17 juin (Reuters) — Une nouvelle vague de frappes russes s’est abattue dans la nuit de lundi à mardi sur l’Ukraine, tuant au moins 15 personnes et en blessant des dizaines. La capitale, Kiev, a été particulièrement touchée, subissant l’une des attaques les plus violentes depuis le début de la guerre, selon les autorités locales et le président Volodymyr Zelenski.
Les forces russes ont lancé plus de 440 drones et 32 missiles au cours de l’opération, visant des dizaines de sites civils dans plusieurs villes ukrainiennes, dont un immeuble résidentiel de neuf étages dans le quartier de Solomianskyi, à Kiev. « Ce que nous avons vu cette nuit est l’un des pires épisodes de destruction dans la capitale depuis le début du conflit », a déclaré Zelenski, en déplacement au sommet du G7 au Canada. Il a dénoncé un acte de « terrorisme pur et dur » et appelé la communauté internationale à réagir fermement.
Près d’une centaine de personnes ont été blessées à Kiev, Odessa, Tchernihiv et dans les environs. À Odessa, dans le sud du pays, une personne a été tuée. À Kiev, le maire Vitali Klitschko a précisé qu’un citoyen américain de 62 ans figurait parmi les victimes.
Le missile ayant frappé l’immeuble à Kiev a causé des dégâts considérables. Des images montrent une façade totalement effondrée, réduite en amas de débris. Les équipes de secours poursuivent les recherches, extrayant les blessés des ruines et maîtrisant les incendies. « C’est une vision d’horreur. Des enfants, des personnes âgées… tout le monde a été touché », a témoigné Viktoriia Vovchenko, 57 ans, habitante du quartier.
Malgré l’ampleur des attaques, l’Ukraine a riposté en lançant à son tour des drones vers la Russie. Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté 147 drones ukrainiens, dont certains au-dessus de la région de Moscou. Les attaques ukrainiennes, toutefois, n’ont pas causé de dommages majeurs signalés sur des cibles civiles.
La guerre est entrée dans sa quatrième année, et les combats s’intensifient à nouveau. Les forces russes continuent leur progression dans l’est du pays et ont ouvert un nouveau front dans la région de Soumy, au nord-est, accentuant la pression militaire malgré les appels au cessez-le-feu du président américain Donald Trump.
En marge du sommet du G7, Zelenski a tenté de renforcer les soutiens diplomatiques et militaires, appelant à de nouvelles sanctions contre Moscou. Il espérait également rencontrer Donald Trump, mais ce dernier a quitté le sommet prématurément, invoquant la crise au Moyen-Orient. Trump a adopté une position plus conciliante envers la Russie depuis son retour au pouvoir, appelant à la réintégration de Moscou dans le G7, dont elle avait été exclue en 2014 après l’annexion de la Crimée.
Trump s’oppose pour l’heure à de nouvelles sanctions contre Moscou et justifie en partie l’invasion russe, marquant un net changement de cap dans la politique étrangère américaine, au grand dam des partenaires européens.
Alors que les tentatives de paix menées à Istanbul n’ont abouti à aucun accord, l’Ukraine se retrouve confrontée à une offensive toujours plus meurtrière, tandis que son président multiplie les appels à l’aide pour éviter un enlisement prolongé.