La Russie a déclaré mercredi avoir intercepté au moins 232 drones ukrainiens lors d’une vaste attaque ciblant plusieurs régions, dont les abords de Moscou. Cette opération a contraint les autorités à suspendre temporairement les vols dans les principaux aéroports de la capitale, selon le ministère russe de la Défense.
Les drones auraient été abattus principalement dans les régions frontalières avec l’Ukraine, mais également aux portes de Moscou, où vivent plus de 21 millions de personnes. Trois appareils ont été détruits alors qu’ils se dirigeaient vers la capitale, a précisé le maire Sergueï Sobianine. Les aéroports de Vnoukovo, Domodedovo et Sheremetyevo ont brièvement suspendu les décollages et atterrissages, avant de reprendre leurs activités. Aucun blessé n’a été signalé.
Dans le même temps, l’armée ukrainienne a revendiqué une frappe contre une usine de semi-conducteurs dans la région d’Oryol, affirmant que cette installation alimentait l’industrie aéronautique et de missiles de l’armée russe. Cette attaque marque un nouvel épisode dans la guerre des drones qui s’intensifie, même alors que les grandes puissances mondiales discutent en coulisses des contours possibles d’une résolution du conflit.
Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, les deux camps ont fait un usage massif des drones, les employant aussi bien pour la surveillance que pour des frappes en profondeur. Cette guerre technologique a engendré une course à l’innovation, avec des usages allant des brouilleurs électroniques aux fusils anti-drones artisanaux, souvent utilisés par les civils en zone rurale.
Le ministère russe de la Défense a également annoncé des gains territoriaux dans l’est de l’Ukraine, particulièrement entre Pokrovsk et Kostiantynivka, dans la région de Donetsk. Des blogueurs pro-russes affirment que des percées ont été réalisées dans les lignes ukrainiennes, mais Reuters n’a pas pu vérifier ces allégations de manière indépendante.
Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu mardi dans la région de Koursk, frontalière de l’Ukraine, pour la première fois depuis que les troupes russes y ont consolidé leurs positions. Selon le Kremlin, la Russie contrôle désormais près de 20 % du territoire ukrainien. Malgré les discussions internationales en cours sur une éventuelle désescalade, le terrain, lui, reste marqué par une violence continue et des affrontements acharnés.