Une frappe aérienne russe a tué au moins 19 personnes mardi dans le sud-est de l’Ukraine, selon les autorités de Kiev. L’attaque a visé une colonie pénitentiaire de la région de Zaporijia, causant la destruction complète du réfectoire de l’établissement, selon un communiqué du ministère ukrainien de la Justice. L’événement relance les accusations contre Moscou concernant des attaques délibérées contre des cibles civiles.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement condamné cette frappe, la qualifiant de « ciblage intentionnel de civils », et a accusé la Russie de continuer à défier le droit international humanitaire. « Ce n’est pas une erreur, c’est un choix stratégique : semer la terreur », a-t-il déclaré dans une allocution diffusée sur les réseaux sociaux. Il a appelé la communauté internationale à réagir avec fermeté à cette « horreur délibérée ».
Le ministère ukrainien de la Justice a confirmé que plusieurs prisonniers figuraient parmi les victimes, tandis que d’autres ont été blessés ou portés disparus. Les secours et les militaires présents sur le site ont constaté des dégâts considérables dans plusieurs bâtiments de la prison, notamment les zones d’hébergement et les installations logistiques. Les opérations de recherche se poursuivent.
Cette nouvelle attaque intervient alors que la pression diplomatique s’intensifie autour du conflit. Le président américain Donald Trump, qui a récemment accéléré les négociations indirectes avec Moscou, a imposé un ultimatum à Vladimir Poutine pour parvenir à un accord de paix « dans un délai plus court ». Le Kremlin a réagi en déclarant avoir « pris note » de la position de Washington, tout en soulignant que les opérations militaires russes se poursuivaient « conformément aux objectifs fixés ».
Depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022, les attaques contre des infrastructures civiles en Ukraine ont été régulièrement dénoncées par les ONG, les Nations unies et plusieurs gouvernements occidentaux. La Russie, de son côté, continue d’affirmer qu’elle ne cible que des objectifs militaires ou à usage dual.
La région de Zaporijia, partiellement occupée par les forces russes, reste l’un des foyers les plus actifs du front sud. Les combats y sont quasi quotidiens, et la population locale vit sous la menace constante de bombardements. L’attaque de mardi pourrait bien raviver les appels à de nouvelles sanctions contre Moscou, alors que les perspectives de paix semblent toujours aussi lointaines.