Lidl et Aldi dans la tourmente sociale : la CGT tire la sonnette d’alarme
Lidl et Aldi dans la tourmente sociale : la CGT tire la sonnette d’alarme

Sous une chaleur écrasante, ce 1er juillet, la CGT est allée à la rencontre des salariés de Lidl et Aldi dans les Yvelines. Tracts à la main, militants en alerte, le message était clair : salaires en berne, conditions de travail dégradées et dialogue social au point mort. Le mouvement n’avait rien d’anodin. Il visait deux enseignes rivales, mais dont les méthodes de gestion des ressources humaines semblent tristement identiques. À l’entrée des entrepôts d’Ablis Nord et Ablis Nord 2, les représentants syndicaux dénonçaient un quotidien professionnel sous tension. L’opération, soutenue par les unions locales de Rambouillet, Dammartin et Cuincy, entendait alerter sur ce que les délégués qualifient de dérives structurelles. Chez Aldi comme chez Lidl, les témoignages convergent : sous-effectifs généralisés, pressions managériales, horaires déséquilibrés, et un turnover qui explose.

Salaires comprimés, emplois sous pression

Du côté des rémunérations, le constat est amer. « Il y a vingt ans, nous étions à 20 % au-dessus du Smic. Aujourd’hui, on touche à peine le minimum légal », résume un délégué d’Aldi. L’enseigne n’a accordé qu’une hausse de 1 %, bien loin des 8 % réclamés au titre du rattrapage. Chez Lidl, la situation n’est guère plus reluisante. Une responsable CGT évoque des salaires inférieurs de 50 centimes au Smic pour certains employés, malgré une hausse annoncée de seulement 1,01 %. Les militants dénoncent aussi des pratiques d’organisation du travail qui mettent les salariés à rude épreuve. La CGT d’Aldi souligne un accord sur le temps de travail qu’elle a refusé de signer : les horaires y seraient lissés sur l’année, autorisant des semaines jusqu’à 44 heures. Pire encore, les plannings sont souvent communiqués une semaine à l’avance, au mépris des règles internes.

Chez Lidl, le constat est tout aussi préoccupant 

L’absentéisme explose, les équipes sont rarement complètes, et certains magasins fonctionnent avec trois salariés là où il en faudrait dix. Des employés présents depuis plus d’une décennie envisagent désormais de quitter l’entreprise. Le phénomène touche aussi les entrepôts logistiques, les chauffeurs et les préparateurs de commandes. Les tournées sont raccourcies, les tâches multipliées, et le recours aux prestataires augmente. La CGT Rambouillet, récemment relancée, veut jouer un rôle de soutien dans ce contexte tendu. Sa responsable assure vouloir accompagner, informer et défendre les salariés du public comme du privé. Des conseillers prud’hommaux et des défenseurs syndicaux sont désormais mobilisés localement pour répondre aux demandes. Malgré des campagnes massives de recrutement orchestrées par les deux enseignes, peu de candidats restent en poste sur la durée. La CGT y voit la preuve d’un système à bout de souffle, où le mot « fidélisation » semble avoir disparu du lexique patronal. Si les enseignes du hard discount multiplient les promesses, sur le terrain, les syndicalistes constatent une autre réalité. Les travailleurs, eux, peinent à concilier vie professionnelle et personnelle. Et selon les représentants syndicaux, cette détérioration ne serait pas propre aux Yvelines : les mêmes maux se répéteraient partout en France. « Lidl, Aldi, même combat », résume le tract distribué aux portes des entrepôts. Une formule choc, qui illustre une convergence de lutte plus que de concurrence.

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