Trump cherche à réduire la dépendance à SpaceX pour son bouclier antimissile « Golden Dome »
Trump cherche à réduire la dépendance à SpaceX pour son bouclier antimissile « Golden Dome »

Le gouvernement américain, sous l’impulsion du président Donald Trump, explore activement des alternatives à SpaceX d’Elon Musk pour la construction du système antimissile « Golden Dome », une pièce maîtresse de la nouvelle stratégie de défense des États-Unis, selon plusieurs sources proches du dossier. Cette recherche de fournisseurs intervient sur fond de tensions croissantes entre Trump et le patron de SpaceX, Elon Musk, deux figures majeures aux ambitions technologiques souvent convergentes mais désormais en confrontation.

Développé comme la version américaine du « Dôme de Fer » israélien, le Golden Dome est destiné à offrir une protection renforcée contre les menaces balistiques, hypersoniques et de drones, notamment sur le territoire américain et autour de ses bases militaires stratégiques. Si SpaceX demeure à ce jour un partenaire clé du Pentagone pour les lancements de satellites et le transport orbital, Washington envisage aujourd’hui de diversifier ses fournisseurs afin de réduire une dépendance jugée politiquement risquée.

Selon des responsables du département de la Défense cités sous couvert d’anonymat, des discussions sont en cours avec d’autres acteurs du secteur spatial, notamment Kuiper Systems, la filiale spatiale d’Amazon dirigée par Jeff Bezos, mais aussi plusieurs startups émergentes spécialisées dans les systèmes d’interception en orbite basse. L’objectif est de construire un écosystème technologique plus compétitif et moins vulnérable aux aléas des relations personnelles entre hauts dirigeants.

La décision de la Maison Blanche intervient dans un contexte de relations tendues entre Donald Trump et Elon Musk. Ce dernier, autrefois perçu comme un allié de poids dans l’agenda spatial américain, a récemment critiqué plusieurs décisions politiques de l’administration Trump, tandis que le président l’a accusé publiquement d’« ingratitude » et de « comportement erratique ». Ces tensions se sont traduites par une volonté croissante de l’exécutif d’atténuer l’influence de Musk dans les programmes fédéraux de défense et d’exploration spatiale.

Bien que SpaceX reste en position dominante pour le lancement de charges utiles militaires, son rôle dans le futur du Golden Dome n’est plus garanti. « Il s’agit d’assurer la résilience nationale, pas de dépendre d’un seul homme, aussi visionnaire soit-il », a déclaré un conseiller militaire. Kuiper et d’autres concurrents pourraient ainsi bénéficier d’une ouverture stratégique dans un domaine jusque-là largement dominé par Musk.

Le projet Golden Dome, encore en phase de développement avancé, est perçu comme une vitrine de la posture de défense de Donald Trump, axée sur la suprématie technologique, la militarisation de l’espace et la sécurisation du territoire national contre les nouvelles menaces. La redéfinition des partenaires industriels pourrait en redessiner les contours à un moment clé de sa mise en œuvre.

Pour l’heure, aucune décision officielle n’a été annoncée, mais les consultations internes se multiplient à la Maison Blanche et au Pentagone, selon plusieurs sources. La compétition s’annonce féroce pour les milliards de dollars de contrats fédéraux que représente ce projet hautement stratégique.

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