Les dirigeants des 32 pays membres de l’OTAN ont conclu mercredi leur sommet à La Haye par une décision majeure : un engagement collectif à augmenter les dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 2035. Cette promesse, arrachée sous la pression du président américain Donald Trump, marque un tournant stratégique pour l’alliance transatlantique, qui cherche à renforcer sa posture face à la menace persistante de la Russie et à la montée en puissance militaire de la Chine.
La déclaration finale du sommet stipule que les alliés investiront « 5 % du PIB annuel dans les exigences fondamentales de défense ainsi que dans les dépenses liées à la sécurité », un objectif bien supérieur au seuil de 2 % fixé jusqu’alors. Si la plupart des États se sont ralliés à cette décision, l’Espagne a obtenu une dérogation, affirmant que son plan de dépenses à hauteur de 2 % restait « suffisant et réaliste ».
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a salué un « moment historique » pour l’alliance, évoquant la « naissance d’une nouvelle OTAN », plus équitablement financée et plus résiliente. Le président Trump, qui a multiplié les déclarations tonitruantes tout au long de la rencontre, a qualifié l’accord de « grande victoire pour l’Occident » et de « monument à la civilisation occidentale ».
En parallèle du sommet, Trump a poursuivi sa campagne de pression sur ses homologues européens. Il a menacé l’Espagne de sanctions commerciales, critiqué le président de la Réserve fédérale américaine, et laissé entendre qu’il pourrait relancer des discussions directes avec l’Iran dès la semaine prochaine. Il a aussi salué les frappes américaines contre les sites nucléaires iraniens, qu’il a qualifiées de « dévastatrices », en dépit d’une évaluation du renseignement américain estimant leur effet limité dans le temps.
Sur le plan militaire, plusieurs annonces concrètes ont été faites. Le Royaume-Uni s’est engagé à acheter douze avions de chasse F-35A capables de transporter des armes nucléaires et à livrer 350 missiles de défense aérienne à l’Ukraine. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a souligné que le soutien à Kyiv restait « intact », malgré la discrétion du communiqué final sur la guerre en Ukraine.
Ce sommet, très marqué par la personnalité de Donald Trump, s’est également accompagné d’incidents diplomatiques et de tensions avec la presse. Le président américain a refusé de répondre directement aux critiques, notamment celles d’Emmanuel Macron sur la menace de guerre commerciale entre alliés. Il a toutefois réaffirmé son attachement à la clause de défense mutuelle de l’article 5, malgré des propos ambigus tenus à la veille de la réunion.
Enfin, en toile de fond, les réseaux mobiles étaient perturbés aux Pays-Bas pendant toute la durée du sommet, sans qu’un lien formel avec une cyberattaque ne soit pour l’instant établi. Une enquête est en cours.