Retraites : un dernier round le 23 juin, il y aura-t-il combat entre syndicats et patronat
Retraites : un dernier round le 23 juin, il y aura-t-il combat entre syndicats et patronat

Un ultime rendez-vous est fixé pour tenter d’éviter un échec complet. Le 23 juin prochain, les représentants des syndicats et du patronat se retrouveront une dernière fois autour de la table du « conclave » des retraites. Après plus de trois mois de concertation, les lignes restent figées, et la participation même du Medef est désormais incertaine. Son président, Patrick Martin, s’est dit « très réservé » sur la présence de son organisation à ce dernier round, dénonçant le détricotage silencieux d’une réforme qu’il ne souhaitait pas rouvrir. Hier, l’impasse s’est confirmée. Les points de désaccord persistent, notamment sur la prise en compte de la pénibilité, la reconnaissance de l’usure professionnelle et l’âge de départ sans décote. La CFDT et la CFTC ont toutefois annoncé qu’elles se rendraient jusqu’au bout de ce processus. Côté patronal, la CPME reste engagée, mais le Medef laisse planer le doute. « Si le patronat ne vient pas, on saura qui a claqué la porte », a lancé Cyril Chabanier (CFTC). Une formule qui en dit long sur le climat de défiance qui règne.

Âge de départ, pénibilité, femmes : les compromis sur la table

Parmi les propositions encore discutées, certaines mesures en faveur des femmes semblent faire consensus. Le calcul de la retraite pourrait être allégé pour les mères : sur les 24 meilleures années pour un enfant, 23 pour deux. Le patronat aurait aussi ouvert la voie à un compte pénibilité, incluant le port de charges, les postures contraignantes et les vibrations mécaniques, permettant des départs anticipés. Sur l’âge de départ sans décote, le compromis évoqué table sur 66 ans et demi (contre 67 aujourd’hui), mais impliquerait un recul du dispositif des carrières longues. Autre point sensible : l’équilibre financier. Pour y parvenir, une hausse de la CSG pour certains retraités et une sous-indexation des pensions sont évoquées (−0,8 point en 2026, −0,4 en 2027). Malgré les concessions, le patronat estime que ses propositions ont été balayées. Les syndicats, eux, redoutent un enterrement déguisé du dialogue social. Le médiateur Jean-Jacques Marette tente encore d’arracher un compromis. Mais à quelques jours du rendez-vous final, l’accord promis par Matignon semble de plus en plus hypothétique.

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