Dans un geste inattendu, le gouvernement militaire qui a pris le pouvoir à Madagascar à la suite d’un récent coup d’État a dévoilé un cabinet majoritairement civil, incluant même d’anciens critiques du président déchu Andry Rajoelina. Cette décision semble indiquer une volonté d’apaisement et de continuité administrative, alors que la Grande Île traverse une période de transition politique délicate.
Le nouveau cabinet, annoncé lundi, aura pour mission urgente de s’attaquer aux défis socio-économiques criants qui secouent le pays, notamment les pénuries chroniques d’électricité et d’eau qui affectent profondément la population malgache. Ces problèmes infrastructurels majeurs avaient contribué à l’impopularité croissante du régime précédent.
Cette nomination intervient après que le colonel Michael Randrianirina, le nouveau dirigeant militaire, a prêté serment en tant que président vendredi dernier, officialisant ainsi la prise de pouvoir qui a renversé Andry Rajoelina. La rapidité avec laquelle cette transition s’est opérée a surpris de nombreux observateurs politiques.
La junte a confirmé qu’un comité dirigé par des militaires gouvernerait le pays pendant une période de transition de deux ans avant l’organisation d’élections démocratiques. Ce calendrier établit une feuille de route claire pour le retour à un régime civil, mais laisse planer des questions sur la nature réelle du pouvoir pendant cette période intérimaire.
La composition de ce nouveau gouvernement, mêlant civils expérimentés et figures militaires, représente un compromis politique visant à assurer une certaine stabilité tout en répondant aux attentes de la communauté internationale. Le succès de cette formule dépendra de sa capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des Malgaches et à préparer des élections libres et crédibles.